L'heure du grand oral pour DSK

le 19 septembre 2007 à 22h01 , mis à jour le 20 septembre 2007 à 08h02

Il va se présenter ce jeudi à son audition devant le FMI en ayant reçu le soutien de poids de Washington dans la course à la direction générale du Fonds.

TF1-LCI : Dominique Strauss-KahnDominique Strauss-Kahn © TF1-LCI

Les jeux sont faits ou presque. Alors que l'actuel directeur général du FMI, l'Espagnol Rodrigo Rato, démissionnaire, doit quitter ses fonctions après l'assemblée générale de la fin octobre, Dominique Strauss-Kahn doit être auditionné ce jeudi par les 24 administrateurs de l'institution financière internationale, au siège de Washington. Le soutien sans ambiguïté de Washington devrait assurer l'élection du candidat français, puisque l'Union européenne et les Etats-Unis contrôlent la moitié des droits de vote au sein du Fonds monétaire international. Avec 16,79% des droits de vote, les Etats-Unis sont le premier actionnaire du FMI. Les 27 pays de l'UE contrôlent ensemble 32,09% des votes. Par comparaison, la Russie qui soutient l'autre personnalité en lice, le Tchèque Josef Tosovsky, ne possède que 2,70% des droits de vote. Et le gouvernement tchèque soutient pour sa part le candidat français...

La candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI a connu un coup d'accélérateur mercredi soir. Les Etats-Unis, par la voix du secrétaire au Trésor Henry Paulson ont en effet "pressé" les membres du conseil d'administration du FMI de "considérer positivement" la candidature de DSK comme prochain directeur général.

"Not Strauss-Kahn"

Longtemps seul candidat, DSK a vu sucessivement monter la concurrence possible de Josef Tosovsky, et a aussi été chahuté fin août par le très sérieux quotidien économique britannique Financial Times. "Il est le mauvais candidat, choisi de la mauvaise façon", estimait le FT dans un éditorial intitulé "Not Strauss-Kahn", regrettant que les pays de l'Union européenne lui aient apporté  leur soutien. Le soutien américain prend d'autant plus de poids. "Les Etats-Unis soutiennent Dominique Strauss-Kahn parce que nous pensons qu'il s'attellera à effectuer les réformes nécessaires pour faire évoluer le FMI de façon forte et cohérente à l'avenir", souligne Henry Paulson. Selon lui, "l'expérience de Dominique Strauss-Kahn l'a bien préparé à poursuivre vigoureusement les réformes utiles au FMI, à savoir la mise en place de nouveaux mécanismes de décision sur les politiques de taux de change et l'attribution d'une meilleure place aux pays émergents."
 
Après soixante ans d'existence, le FMI est aujourd'hui confronté à une crise de représentativité. Les pays émergents disputent notamment aux Etats-Unis et à l'Europe la prédominance traditionnelle qu'ils exercent sur les grandes orientations stratégiques et leur contrôle des instances de direction. Lorsque la candidature de Josef Tosovsky a été rendue publique, fin août, le Trésor américain s'était abstenu de prendre position, se contentant d'indiquer que Henry Paulson avait "hâte de parler avec tous les candidats". L'administration américaine n'avait pas non plus réagi après l'audition formelle du Tchèque, mardi, devant le conseil d'administration du Fonds, où il précédait Dominique Strauss-Kahn. Dans son intervention, Josef Tosovsky, banquier central de carrière, brièvement Premier ministre, s'était posé en défenseur des pays les moins représentés à la tête de l'institution vieillissante.

D'après agence

le 19 septembre 2007 à 22:01
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