Une pause dans la réduction de la dette

le 26 septembre 2007 à 12h44 , mis à jour le 26 septembre 2007 à 14h39

Le déficit de l'Etat est prévu à 41,7 milliards d'euros pour 2008, selon le projet de loi de Finances 2008 présenté mercredi en conseil des ministres.

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Economie-fiction - Et si la France n'était pas endettée ?

Le gouvernement appuie sur la touche pause. Le très attendu projet de loi de Finances 2008 était présenté mercredi en conseil des ministres, moins d'une semaine après les déclarations de François Fillon, qui évoquait vendredi "la faillite sur le plan financier" de la France. Le projet 2008 prévoit notamment une réduction très marginale du déficit public et de la dette de la France en 2008, programmés respectivement à 2,3% et 64,0% de son produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% et 64,2% prévus pour 2007.

Le déficit de l'Etat est prévu à 41,7 milliards d'euros pour 2008, en très légère baisse par rapport au déficit inscrit pour 2007 dans la loi de finances initiale (41,996 milliards). Pour cette année, le gouvernement prévoit de ramener le déficit de l'Etat à  38,3 milliards d'euros, soit plus de trois milliards de mieux que prévus dans la loi de finances initiale. "On est en légère réduction, ça veut dire qu'on n'est pas loin de la stabilité", a déclaré le ministre du Budget, Eric Woerth, en décrivant "un  budget d'investissement et d'avenir".

Le total des dépenses du budget général sont prévues à 271,8 milliards  d'euros pour 2008, dont 8,9 milliards au titre du "paquet fiscal", 800 millions  pour le crédit d'impôt recherche et 2,9 milliards pour la réforme de la taxe  professionnelle. Selon le projet de budget du gouvernement, le déficit des administrations  publiques (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) est fixé à 2,3% du  PIB en 2008, contre 2,4% en 2007, soit une très légère réduction. La dette de l'Etat est prévue à 64,0% du PIB en 2008, marginalement  inférieure à celle de 2007 (64,2%). 

Pas de hausse de la redevance

Le taux de prélèvements obligatoires devrait très légèrement diminuer en  2008, à 43,7% contre 44,0% cette année. Le gouvernement s'est engagé à réduire fortement ces prélèvements dans les cinq ans à venir. Le projet du gouvernement s'appuie sur une prévision de croissance comprise  entre 2 et 2,5% l'an prochain, comme pour 2007, d'un baril de pétrole Brent à 73 dollars et d'un euro à 1,37 dollar en moyenne en 2008.

Le projet 2008 prévoit en outre la suppression de 22.921 postes de fonctionnaires, principalement dans l'Education nationale, la Défense et au ministère de l'Economie. Enfin, la redevance inchangée et le texte prévoit une hausse des crédits de  l'audiovisuel public de 3,6% par rapport à 2007, à 2,89 milliards d'euros,  destinés en priorité à développer la TNT et la télévision haute définition. Le texte examiné la semaine prochaine par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'examen en séance par les députés étant prévu à partir du 16 octobre. 
 
D'après agence

Le PS dénonce un "budget caché"

Le "budget affiché" par le gouvernement est "incohérent, insincère et inconséquent" et dissimule un "budget caché (qui) s'appelle l'austérité", a déclaré mercredi François Hollande. "On peut considérer qu'il y a deux projets de budget: un projet de budget pour le caractère officiel de la communication du gouvernement et pour le prochain mois et un projet de budget qui sera révélé au lendemain des élections municipales et qui accentuera les mesures de rigueur", a estimé le premier secrétaire du Parti socialiste. "C'est la première fois qu'un gouvernement n'affiche pas une priorité à la réduction du déficit", a déploré François Hollande. "Je ne dis pas que les précédents ont tous réussi à tenir sur cette ligne mais (quand) on n'affiche même pas l'objectif de réduire le déficit, il est à craindre qu'il progresse". "Nous sommes le seul pays de la zone euro qui s'enfonce dans les déficits au moment où tous nos partenaires sont en voie d'équilibre voire même d'excédent de leurs comptes publics", a-t-il fait valoir citant les exemples de l'Espagne et des Pays-Bas. De même, la prévision de croissance de 2,25% sur laquelle s'est basé le gouvernement "incohérente alors que chacun sait qu'elle atteindra 1,8% en 2007 ce qui aura nécessairement des conséquences sur le niveau et le rythme d'activité en 2008", a estimé le premier secrétaire.

le 26 septembre 2007 à 12:44
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