© DRLCI.fr : Qu'est-ce qui vous permet de dire que l'immobilier ancien va baisser de 18% d'ici 2010 ?
Alexandre Mirlicourtois, directeur d'études de Percepta, (filiale de Xerfi, études économiques) : Les dernières études montrent que nous sommes dans une phase de baisse. Et lorsqu'on regarde les cycles de longs termes dans l'immobilier, quand il y a des baisses, elles peuvent parfois effacer les hausses des dernières années en seulement deux ou trois ans. Cela a été le cas aux Etats-Unis dans les années 70 et 90 et pour l'immobilier parisien début 90.
Aujourd'hui en France, les prix réels de l'ancien, c'est-à-dire sans l'inflation, ont augmenté de 100% entre 1996 et 2006. Ce qui est nouveau, c'est que cela a touché toute la France alors que dans les années 90, seul l'immobilier de la région parisienne était concerné. Il faut aujourd'hui près de cinq ans entiers de revenus pour acquérir un logement contre une moyenne de 2,7 ans en temps normal. On n'avait jamais eu de hausses aussi fulgurantes. Nous sommes arrivés à des niveaux stratosphériques, les gens s'endettent parfois sur une vie pour acheter et le système est à bout. Donc prévoir une baisse de 20% d'ici 2010, ce n'est pas un krach mais un ajustement.
LCI.fr : Les prix ont-ils déjà commencé à baisser ?
Alexandre Mirlicourtois : Dans le neuf, c'est moins flagrant. Les derniers chiffres du ministère du Logement montrent une accalmie sur le marché des maisons neuves mais pas encore pour les appartements. Dans l'ancien, les prix ont baissé en juillet, en août et en septembre*. Et une fois que la marche arrière est enclenchée, on ne sait jamais quand et à quel niveau cela va s'arrêter. Les prix avaient déjà reculé début 2007 puis étaient repartis à la hausse. Sur l'ensemble de l'année, on peut tabler sur une hausse de 2% à 3% pour l'ancien, ce qui, corrigé de l'inflation, correspond à une stagnation des prix. C'est donc un fort ralentissement car en 2006, nous étions encore sur des hausses de 10%. En 2008, il faut s'attendre à une baisse du marché.
LCI.fr : Que faut-il conseiller aux personnes qui s'apprêtent à acheter un logement ?
Alexandre Mirlicourtois : Je leur conseillerais d'attendre un peu, surtout si c'est un achat de court terme et qu'ils souhaitent revendre leur bien dans quelques années. Quant à ceux qui voudraient vendre, qu'ils le fassent maintenant. Paris sera peut-être un peu moins touché que la province car le marché est soutenu par les acheteurs étrangers qui comparent les prix de la capitale avec ceux des autres grandes villes et la situation est encore compétitive. Mais cela ne vaut pas pour la banlieue, même proche car quand un étranger veut investir à Paris, c'est intra muros, pas en Ile-de-France et pas même à Neuilly.
* Les prix des logements anciens ont baissé de 0,9% au troisième trimestre avec une baisse de 1,7% pour les appartements, étude de la Fnaim publiée mardi 2 octobre
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