Façade de l'Insee © TF1/LCIPrenant en porte-à-faux les prévisions gouvernementales, l'Insee a nettement révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2007, tablant désormais sur une hausse de 1,8% du PIB contre 2,1% précédemment. Tout en insistant sur les incertitudes liées à l'impact de la crise sur les marchés financiers...
Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit un "net rebond" de la croissance au troisième trimestre (+0,7%). Une "correction technique" après un deuxième trimestre décevant durant lequel le PIB n'avait progressé que de 0,3% alors que l'Insee tablait sur le double. Au dernier trimestre, la croissance devrait se modérer, revenant à un rythme de croisière de 0,5%. Pour l'ensemble de 2007, le PIB progresserait donc de 1,8%, une "croissance douce" conforme aux prévisions de l'OCDE (1,8%) et de la Commission européenne (1,9%)... mais nettement en-deçà de l'objectif du gouvernement, désormais officiellement "proche de la borne basse" d'une fourchette de 2% à 2,5%.
La hausse du pouvoir d'achat minée par l'inflation
Si le scénario de l'Insee se réalise, la France bénéficiera d'un acquis de croissance de 0,8% pour 2008, légèrement plus favorable que l'an dernier (0,6%), souligne Eric Dubois, chef du département de la conjoncture. L'Institut insiste toutefois sur le fait que sa prévision est fondée sur l'hypothèse d'un impact modéré de la crise financière internationale durant le quatrième trimestre. Si la crise devait persister, "la croissance en serait amoindrie".
Mais l'assombrissement des perspectives lié à ces "turbulences financières" est compensée par une bonne nouvelle, un "rattrapage" de la France qui "connaîtrait au second semestre une croissance identique à celle de ses partenaires de la zone euro" à la faveur d'une "demande intérieure dynamique", tempèrent les économistes de l'Insee. Le principal moteur de la croissance française reste en effet la consommation des ménages, "soutenue essentiellement par l'accélération du pouvoir d'achat (+3,2% en 2007) et l'amélioration du marché du travail (340.000 créations)", indique Pierre-Olivier Beffy, chef de la division synthèse conjoncturelle. Ce "haut niveau de créations d'emploi en 2007" devrait se traduire par "une décrue sensible du chômage" sur le courant de l'année.
Le maintien de "salaires dynamiques" et les baisses d'impôt sur le revenu en 2006, "qui prendront leur plein effet au second semestre 2007", incitent également les ménages à consommer. L'Insee estime ainsi que les mesures d'exonération partielle des heures supplémentaires entrées en vigueur le 1er octobre représenteront un gain de quelque 400 millions d'euros pour les ménages d'ici la fin de l'année. La consommation devrait donc gagner 0,9% au troisième trimestre et 0,7% au dernier trimestre, pour une augmentation de 2,1% sur l'ensemble de l'année. L'accélération du pouvoir d'achat serait toutefois limitée par "la poussée de l'inflation en fin d'année", principalement liée à la hausse des prix alimentaires et de l'énergie. En décembre 2007, l'inflation atteindrait 1,9%.
D'après agence
| Lagarde persiste et signe |
Christine Lagarde a maintenu jeudi son objectif de croissance pour 2007 dans une fourchette de 2 à 2,5%, malgré la nette révision à la baisse par l'Insee de sa prévision à 1,8%. "Je suis toujours dans ma fourchette", a répondu la ministre de l'Economie à des journalistes qui l'interrogeaient sur ces nouvelles prévisions de l'Insee, en marge d'un colloque sur l'énergie. |
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