Dominique Strauss-Kahn © Mousse/ABACAPRESS
C'est un DSK international, polyglote et au-dessus de la mélée française qui s'est exprimé depuis le siège européen du FMI à Paris. Après avoir rencontré le Président de la République dans la matinée, le nouveau directeur du Fonds monétaire international qui prendra ses fonctions à la suite de Rodrigo Rato le 1er novembre, tenait une conférence de presse lundi après-midi à Paris. Visiblement agacé par les questions des journalistes français qui lui demandaient s'il renonçait définitivement à être candidat en 2012, l'ancien challenger de Ségolène Royal a botté en touche. "Souhaitez-vous vraiment qu'il y ait tant de différence entre les questions des journalistes étrangers et les vôtres ?" Quant à l'implication du Président de la République dans sa nomination, Dominique Strauss-kahna jugé que l'engagement de celui-ci avait été total (voir la vidéo).
Avoir un socialiste à la tête du FMI, qu'est-ce que cela change, a osé un journaliste ? "Nothing", a répondu l'intéressé. "Ici, je suis perçu comme un socialisté libéral", a-t-il précisé". "Cela fait des années que je dis qu"il est nécessaire et possible de réguler la mondialisation pour en réduire les aspects négatifs. Là, j'ai l'occasion de ne pas seulement le dire, mais de pouvoir le faire, bref de mettre la main à la pâte", avait déclaré le fraîchement élu à la tête du FMI dans une interview au Monde de mardi. Dominique Strauss-Kahn y explique sa vision du rôle de patron du Fonds monétaire international. Le socialiste a rencontré Nicolas Sarkozy lundi matin à l'Elysée et doit renir une conférence de presse dans l'après-midi.
"Le FMI a été créé pour favoriser la croissance et le développement du commerce grâce à la stabilité financière", note-t-il. Cependant, le fonds "ne peut plus se contenter d'être un 'gendarme' qui prête de l'argent en contrepartie de règles très dures pour les pays en difficulté". DSK, qui prendra ses fonctions le 1er novembre, se fixe plusieurs objectifs : adapter le FMI à un monde plus complexe "comme le prouve la crise des crédits hypothécaires à risques partie des Etats-Unis". Deuxième objectif, donner plus de poids aux pays émergents : "La Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud ou le Mexique veulent peser davantage. Ils ont raison", s'exclamme DSK.
Enfin, ce dernier estime que les équilibres sociaux ne doivent pas être sacrifiés sur l'autel de la stabilité financière. L'ancien candidat malheureux au primaire PS souhaite mettre un terme à la dichotomie Banque mondiale "bonne maman" prêtant aux pays pauvres, et "FMI maniant le gros bâton". "On ne peut développer un pays sans prendre en compte le court et le long terme, sa démographie et son agriculture autant que son cadre budgétaire et sa balance des paiements".
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