Jacques Attali a présenté lundi 15 octobre un point d'étape des propositions de la commission qu'il préside © LCIL'économie mondiale pourrait bientôt connaître une crise comparable à celle de 1929 si "les banquiers continuent à paniquer". C'est que qu'affirme Jacques Attali, selon qui l'économie mondiale est au bord de la récession. Dans une interview au Journal du dimanche, il estime que les Français pourraient éviter cela s'ils acceptent "de considérer que l'inflation, si elle reste modérée, n'est pas une tragédie". "Nous sommes au bord d'une récession. Elle tire son origine de l'effondrement du marché du crédit hypothécaire américain, qu'on nomme la crise des subprimes", dit-il. "Elle a détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10% du PIB mondial, soit 4000 milliards de dollars, c'est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l'explosion de la bulle internet", ajoute-il.
Pour lui, cette crise "n'est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont reprêté leurs prêts à n'importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher". "Devant la révélation de la folie que cela représentait, on est passé, en une semaine, de l'euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque", dit-il. "Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 1929."
Des fondamentaux économiques excellents
Selon l'économiste, cette situation risque de provoquer une récession "alors même que les fondamentaux économiques mondiaux sont excellents". "Notre croissance, que l'on espère encore voir atteindre les 2% en 2008, risquerait de souffrir gravement", explique-t-il. "Nous pourrions, toutefois, éviter cela. Une des conditions, c'est d'accepter de considérer que l'inflation, si elle reste modérée, n'est pas une tragédie. Les grands pays qui admettent qu'elle peut atteindre sans risque 5 ou 6% affichent une croissance forte: l'Inde, la Chine, la Russie", ajoute-t-il.
"En Europe comme au Japon, c'est l'inverse : nous nous arc-boutons sur un seuil maximum de 2%. Et la croissance est presque nulle". Président de la commission chargée de la "libération de la croissance française", Jacques Attali doit livrer ses conclusions à Nicolas Sarkozy le 15 janvier.
(D'après agence)
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