Le président George Bush annonce son plan de relance pour l'économie américaine le 18 janvier 2008 © LCI / DR| L'analyse de Jean-Marc Sylvestre |
Le président George Bush a proposé vendredi un plan de relance équivalent à environ 1% du PIB des Etats-Unis pour soutenir l'économie américaine ébranlée par l'éclatement de la bulle immobilière et la crise du crédit.
"Notre économie a une base solide mais (...) certains secteurs suscitent de réelles inquiétudes", a-t-il dit dans un discours prononcé à la Maison blanche en proposant des mesures d'allègement fiscal, notamment en direction des familles. "Mes conseillers et de nombreux autres experts s'attendent à ce que notre économie continue à croître au cours de l'année qui vient mais à un rythme moindre que celui que nous avons connu ces dernières années", a-t-il ajouté. "Et il y a un risque de retournement" de l'activité.
Bush a déclaré que des mesures complémentaires étaient nécessaires pour stimuler l'économie américaine, en soulignant que ce plan devait être provisoire et d'application immédiate.
"Baisses d'impôt "
Sans détailler spécifiquement quelles mesures étaient envisagées, George Bush a indiqué que le plan devrait s'articuler sur deux axes. "Un plan de relance doit comprendre des baisses d'impôt sur le revenu directes et rapides pour les Américains", pour les aider notamment à payer leur facture énergétique, a-t-il assuré. "Laisser plus d'argent aux ménages devrait augmenter les dépenses de consommation".
Selon la presse américaine, l'une des mesures phares serait une remise d'impôts pouvant aller jusqu'à 800 dollars par personne. L'enveloppe prévue pour les seules baisses d'impôts individuelles dépasserait les 100 milliards de dollars, croit savoir le New York Times.
Incitations fiscales pour les entreprises
Le choix de baisser les impôts des contribuables répond à la grosse menace de récession qui pèse actuellement sur la première économie mondiale, dans le sillage de la crise de l'immobilier qui réduit la richesse des ménages et pèse sur la confiance.
Le plan devrait également comprendre des incitations fiscales pour les entreprises "pour leurs investissements cette année". Cela laisse penser qu'elles pourraient défiscaliser une partie de leurs investissements que les médias jugent importante.
"Il est absurde"
Avant même que le président Bush annonce son plan de relance, Hillary Clinton, candidate à la candidature du parti démocrate a tenté de marquer sa différence en le jugeant insuffisant. "Il est absurde que la Maison Blanche propose de dépenser plus de 100 milliards de dollars pour relancer l'économie, tout en minimisant l'aide aux 50 millions de familles qui souffrent le plus et ont le plus de chance de réinjecter cet argent dans l'économie", a-t-elle dit. Ce plan, selon elle, néglige "les familles afro-américaines et hispaniques qui ont, en moyenne, des revenus inférieurs à ceux des familles blanches".
Mais George W. Bush assure avoir discuté des grandes lignes de son plan avec les responsables du Congrès. "J'ai été encouragé par ces discussions et je pense qu'il y a un consensus assez large pour que nous arrivions à un plan qui puisse être approuvé avec un soutien des deux camps politiques", a-t-il affirmé.
Immédiatement après l'annonce de son plan, les indicateurs boursiers américains plongeaient en tout cas dans le rouge. Le Dow Jones perdait 0,91% et le Nasdaq 1,01%. A la cloture, l'indice Dow Jones a fini en repli de 0,49% et le Nasdaq a cédé 0,29%.
Voir notre article sur une possible récession aux Etats-Unis.
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