© DRC'est l'histoire d'une crise des crédits immobiliers de la classe moyenne américaine qui finit par faire plonger toutes les places financières de la planète. En quelques mois, la crise des "subprimes" a fait vaciller l'économie mondiale. Petit récit d'une contagion.
Le point de départ : la crise de l'immobilier aux Etats-Unis
La chute des prix immobiliers aux Etats-Unis a mis dans l'embarras des centaines de milliers des petits propriétaires aux Etats-Unis qui ont vu plonger le prix de leur maison. Ceux qui avaient fait le pari risqué d'emprunter à taux variable ont vu par ailleurs exploser le coût de leur crédit, au point de ne plus pouvoir rembourser.
Les banques qui leur ont prêté cet argent ne sont plus sûres de récupérer leur mise et doivent provisionner des milliards de dollars pour encaisser le choc. Les banques américaines ont donc besoin de liquidités. Traditionnellement, elles empruntent à leurs consoeurs, c'est un prêt interbancaire. Mais la confiance étant en crise, personne ne se porte candidat, les banques centrales doivent donc venir à la rescousse en injectant de l'argent dans le système économique.
La contagion : le château de cartes des banques
Ces difficultés ont fait chuter en Bourse la plupart des banques en particulier les plus concernées par la crise des subprimes, mais pas seulement. Car un deuxième effet commence à se faire sentir. La crise peut se répandre entre les banques via leurs assureurs, sur lesquels les banques s'appuient pour garantir les crédits. Ces "rehausseurs de crédit" traversent de grosses secousses car le marché craint qu'ils ne puissent plus faire face. L'un d'entre eux, Ambac, a ainsi perdu la moitié de sa valeur en une séance de Bourse, la semaine dernière.
Les agences de notation ont donc baissé la note de ces assureurs, ce qui revient à dire qu'elles s'inquiètent de leur capacité à pouvoir effectivement assurer les banques. Les clientes de ces assureurs deviennent à leur tour suspectes.
La simple rumeur de crédits assurés chez un de ces acteurs peut faire plonger un titre. Sur les deux dernières séances, la Société Générale avait perdu plus de 15%, lundi, en milieu d'après midi.
La suite : la croissance menacée ?
Cette crise du crédit immobilier mais aussi plus largement le risque d'une récession aux Etats-Unis menace les perspectives économiques de toute la planète, d'où la chute des bourses mondiales. Selon une étude publiée au début du mois par les organisateurs du Forum de Davos, alors que la Réserve fédérale américaine s'attend à des dépréciations d'actifs de 150 milliards de dollars liées à la crise des "subprime", les autres pertes du secteur financier "pourraient être considérablement plus élevées". Elle s'alarme aussi de la montée des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
George Bush vient justement d'annoncer un plan de relance de 140 milliards de dollars, une somme quasi équivalente, sous forme principalement de baisses d'impôts, dans l'espoir de faire repartir la consommation des ménages. Sans convaincre les marchés.
Pour éviter la contagion, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et des Finances française s'est prononcée lundi après-midi en faveur d'une "meilleure gouvernance" pour faire face aux dérapages boursiers. Et plus de transparence.
Le salut : les pays émergents à la rescousse?
Le Forum de Davos - qui réunit chaque année dans les montagnes suisses un plateau unique de grands patrons et de dirigeants politiques - s'ouvre ce mercredi, en pleine tourmente boursière. En 2007, il ne s'était guère inquiété de l'état de l'immobilier aux Etats-Unis. Cette année, il ne faudrait pas à l'inverse "tomber dans un pessimisme excessif", plaide son fondateur, Klaus Schwab. "Avec une économie mondiale qui ralentirait à 3,5% au lieu de 5% en 2007, le monde n'est pas en récession", souligne-t-il. Les analystes boursiers relativisent aussi ce "mini-krach".
Les thèmes des réunions de Davos reflètent cette année l'espoir de voir les pays émergents prendre le rôle de locomotive mondiale. Les congressistes sont ainsi appelés à se demander si "le monde s'enrhume toujours quand l'Amérique éternue", ou encore si "l'Asie est prête à jouer son rôle sur la scène mondiale".
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