Comment la crise contamine l'Europe

Par , le 21 janvier 2008 à 18h06 , mis à jour le 22 janvier 2008 à 11h27

Bourses qui chutent, banques en difficulté... La crise américaine commence à se faire sentir en Europe et dans le reste du monde.

Bourse graphique courbe baisse Cac 40 Wall Street © DR

C'est l'histoire d'une crise des crédits immobiliers de la classe moyenne américaine qui finit par faire plonger toutes les places financières de la planète. En quelques mois, la crise des "subprimes" a fait vaciller l'économie mondiale. Petit récit d'une contagion.
 
Le point de départ : la crise de l'immobilier aux Etats-Unis
 
La chute des prix immobiliers aux Etats-Unis a mis dans l'embarras des centaines de milliers des petits propriétaires aux Etats-Unis qui ont vu plonger le prix de leur maison. Ceux qui avaient fait le pari risqué d'emprunter à taux variable ont vu par ailleurs exploser le coût de leur crédit, au point de ne plus pouvoir rembourser.
 
Les banques qui leur ont prêté cet argent ne sont plus sûres de récupérer leur mise et doivent provisionner des milliards de dollars pour encaisser le choc. Les banques américaines ont donc besoin de liquidités. Traditionnellement, elles empruntent à leurs consoeurs, c'est un prêt interbancaire. Mais la confiance étant en crise, personne ne se porte candidat, les banques centrales doivent donc venir à la rescousse en injectant de l'argent dans le système économique.
 
La contagion : le château de cartes des banques
 
Ces difficultés ont fait chuter en Bourse la plupart des banques en particulier les plus concernées par la crise des subprimes, mais pas seulement. Car un deuxième effet commence à se faire sentir. La crise peut se répandre entre les banques via leurs assureurs, sur lesquels les banques s'appuient pour garantir les crédits. Ces "rehausseurs de crédit" traversent de grosses secousses car le marché craint qu'ils ne puissent plus faire face. L'un d'entre eux, Ambac, a ainsi perdu la moitié de sa valeur en une séance de Bourse, la semaine dernière.
 
Les agences de notation ont donc baissé la note de ces assureurs, ce qui revient à dire qu'elles s'inquiètent de leur capacité à pouvoir effectivement assurer les banques. Les clientes de ces assureurs deviennent à leur tour suspectes.
 
La simple rumeur de crédits assurés chez un de ces acteurs peut faire plonger un titre. Sur les deux dernières séances, la Société Générale avait perdu plus de 15%, lundi, en milieu d'après midi.
 
La suite : la croissance menacée ?
 
Cette crise du crédit immobilier mais aussi plus largement le risque d'une récession aux Etats-Unis menace les perspectives économiques de toute la planète, d'où la chute des bourses mondiales. Selon une étude publiée au début du mois par les organisateurs du Forum de Davos, alors que la Réserve fédérale américaine s'attend à des dépréciations d'actifs de 150 milliards de dollars liées à la crise des "subprime", les autres pertes du secteur financier "pourraient être considérablement plus élevées". Elle s'alarme aussi de la montée des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
 
George  Bush vient justement d'annoncer un plan de relance de 140 milliards de dollars, une somme quasi équivalente, sous forme principalement de baisses d'impôts, dans l'espoir de faire repartir la consommation des ménages. Sans convaincre les marchés.
 
Pour éviter la contagion, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et des Finances française s'est prononcée lundi après-midi en faveur d'une "meilleure gouvernance" pour faire face aux dérapages boursiers. Et plus de transparence.
 
Le salut : les pays émergents à la rescousse?
 
Le Forum de Davos - qui réunit chaque année dans les montagnes suisses un plateau unique de grands patrons et de dirigeants politiques - s'ouvre ce mercredi, en pleine tourmente boursière. En 2007, il ne s'était guère inquiété de l'état de l'immobilier aux Etats-Unis. Cette année, il ne faudrait pas à l'inverse "tomber dans un pessimisme excessif", plaide son fondateur, Klaus Schwab. "Avec une économie mondiale qui ralentirait à 3,5% au lieu de 5% en 2007, le monde n'est pas en récession", souligne-t-il. Les analystes boursiers relativisent aussi ce "mini-krach".

LCI picto cliquez regardez

Les analystes relativisent

Les thèmes des réunions de Davos reflètent cette année l'espoir de voir les pays émergents prendre le rôle de locomotive mondiale. Les congressistes sont ainsi appelés à se demander si "le monde s'enrhume toujours quand l'Amérique éternue", ou encore si "l'Asie est prête à jouer son rôle sur la scène mondiale".

Par Olivier Levard le 21 janvier 2008 à 18:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

8 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bernard Renault, le 22/01/2008 à 12h59

    Une fois de plus la mondialisation cuase des dégats irréversibles chez le citoyen. L'Emir a toussé le pétrole augmente,l'essence et le chauffage aussi. Aujourdh'ui le banquier américain a fait une boulette et notre économie en prend un coup.On va trinquer à la santé des irresponsables et travailler plus. Non je ne peux plus, je suis en retraite. Là il ya un os.

  • Candide niort, le 22/01/2008 à 09h36

    Tant qu'on laissera les américains faire tout et n'importe quoi on continuera à supporter leur inflation et leurs âneries en économie .Les prêts immobiliers c'était de la folie .La Chine n'est pas touchée , l'Inde non plus !Que l'on prenne modèle sur eux à défaut d'exporter le nôtre !

  • Laeti, le 22/01/2008 à 09h29

    C'est le boulot d'un analyste de relativiser......

  • Vincent, le 22/01/2008 à 08h50

    Grosso modo, si je comprend bien, les banques américaines sont en train de payer le prix fort de leur perfidité vis-à-vis de la classe moyenne américaine en ayant délivré un paquet de crédits à taux variable, en espérant s'en mettre plein les fouilles, mais sans avoir prévu la baisse de l'immobilier ! D'un côté je trouve cela juste qu'elles en ch***t maintenant (voir que certaines tombent et font/feront faillites) de l'autre côté je suis malheureux pour toutes les personnes lésées par ce "crédit-piège" et qui sont expulsées par centaines chaque jour ! (cf reportage exclusif sur la crise américaine la semaine dernière)

  • Manu, le 22/01/2008 à 08h30

    Tout ça parceque des banquiers sans scrupule ont vendu des prêts "arnaques" à leur client... Le retour de baton fait mal...

  • Chris, le 22/01/2008 à 08h22

    Ce n'est certes pas seulement une crise des credits immobiliers. C'est une crise du credit en general, mais aussi du deficit collossal des Etats Unis. C'est la consequence de tous ces "montages" financiers obscurs qui font que l'on a acces a de l'argent que l'on ne devrait pas avoir, parce qu'on n'est pas solvable. Pensez a des banques, comme la City, qui manquent maintenant de cash. Lamentable! Pensez aux consequences mondiales de ces pratiques malsaines. Tout cela n'est pas fini, parce que les secousses en ampleur et en longueur sont et seront a la mesure du foutoir financier qui regne actuellement sur les marches mondiaux et aux USA. Quant aux banques d'autres pays, notamment europeennes, elles ont trempe dans ces affaires, plus ou moins. Elles vont donc devoir assumer leurs erreurs! Le probleme est que ces banques ne se font meme plus confiance entre elles! Elles ne se pretent plus d'argent. Alors comment voulez-vous que les petites et moyennes entreprises puissent ainsi continuer a trouver du financement, meme si leur situation est saine. Les individus et les entreprises saines vont subir ce crash, parce qu'il s'agit bien d'un crash financier, disons le mot! Et c'est cela qui est le plus insultant. (Merci de me publier)

  • Armand, le 21/01/2008 à 20h23

    Ca me fait rire ces "crises" ... franchement, que l'on produise plus ou moins, avec tout ce qu'on a c'est franchement pas un problème ! Sauf pour ceux qui ne produise rien, les boursicoteurs et autres détenteurs de capitaux. Ces le système capitaliste, complètement à bout de souffle, qu'il faut revoir... et vite (et ce ne sont ni pas les propositions, ni les solutions qui manquent) !!!

  • Michel, le 21/01/2008 à 20h00

    Comme par hasard ceux qui tapent sur les investisseurs, on ne les entend plus ! Auraient-ils peur d'être licenciés pour faillite suite à une crise financière ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience