Jacques AttaliLa commission présidée par Jacques Attali rendra ce mercredi à Nicolas Sarkozy son rapport sur "la libération de la croissance" française. En partie révélé, il compte plus de 300 propositions, certaines déjà polémiques, qui visent à "changer la France". Révélé par la presse vendredi dans une version provisoire, ce rapport fixe comme objectif la réduction des dépenses publiques, dont la part dans le produit intérieur brut (PIB) devrait baisser d'environ un point par an, afin de remettre la France dans la "moyenne européenne en 2012".
Il entend surtout donner au pays 1 point de croissance supplémentaire d'ici à fin 2012, ce qui se traduirait par un taux de chômage abaissé à 5%, la création de 150.000 emplois, de 90.000 nouveaux logements sociaux ou encore une dette publique ramenée à 55% du PIB.
Départements, éducation...
Hétéroclites, parfois iconoclastes, les propositions balayent un très grand nombre de thèmes, avec une large place faite à l'enseignement, au développement durable, aux PME ou encore au marché du travail. Certaines ont déjà suscité la polémique, comme l'idée de faciliter l'immigration pour faire face aux pénuries de main-d'oeuvre dans certains secteurs. La perspective de supprimer les départements dans les dix ans à venir, l'une des mesures phares du rapport, a aussi fait bondir nombre d'élus, de droite comme de gauche.
Permettre aux parents de choisir le lieu de scolarisation de leurs enfants, imposer l'achat par les administrations publiques de véhicules hybrides, faire évaluer tout agent d'un service public...: originales, certaines mesures pourraient s'avérer difficilement applicables.
Inquiétudes
Le premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé mardi qu'il y avait "beaucoup de mesures extrêmement préoccupantes" dans le rapport Attali, notamment la hausse de la TVA et de la CSG, et a demandé si Nicolas Sarkozy entendait mettre en oeuvre toutes ces recommandations.
Au sein même de la majorité, le rapport préoccupe. A la veille des municipales, les députés UMP ont une nouvelle fois tapé du poing sur la table mardi, refusant de se faire imposer in extenso les 314 propositions du rapport et exigeant d'être partie prenante du futur débat législatif. Jean-François Copé a assuré mardi que toutes les propositions du rapport seraient abordées sans tabou par les députés UMP.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a pris le contre-pied des propositions de Jacques Attali sur les communes et les départements, en intervenant mardi soir au Sénat dans un débat sur les collectivités territoriales. "La commission présidée par Jacques Attali a proposé de rationnaliser nos institutions autour des régions et de l'intercommunalité. Je le dis très clairement: je ne partage pas cette analyse", a-t-elle déclaré.
(D'après agence)
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