Le Premier ministre François Fillon, le 29 novembre 2007 © www.abacapress.com"L'économie française n'est pas une île. Cependant, elle est moins exposée que les autres" à la crise financière mondiale, estime François Fillon dans un entretien accordé au Financial Times, quelques heures avant de se rendre au Forum économique mondial de Davos, où il doit prononcer un discours ce jeudi. Selon le Premier ministre, cela est du à la "bonne santé" des entreprises françaises, "parce que les foyers français sont moins endettés que dans d'autres pays développés et parce qu'il n'y a pas de crise du logement aujourd'hui dans notre pays".
Dans le quotidien britannique, François Fillon défend longuement ses réformes comme le moyen de protéger la croissance française en 2008, face aux effets redoutés de la crise financière. "Est-ce qu'une économie internationale plus faible conduira à une croissance française plus basse?", s'interroge le Premier ministre. "Certainement mais", ajoute-t-il, "ce ralentissement serait beaucoup plus important si nous n'avions pas engagé des réformes structurelles". Pour 2008, le chef du gouvernement réitère l'estimation "proche de 2%".
"Nous continuerons à réformer"
Selon François Fillon, le paquet fiscal, qui prévoit des exonérations d'impôts, "constitue un ensemble d'incitations qui vient au bon moment au vu de la crise". Pour le Premier ministre, la brutale correction subie par les bourses mondiales témoigne "d'une crise du crédit, une crise financière mais pas une crise plus profonde qui affectera l'économie mondiale dans son ensemble". "L'économie européenne est certainement affectée par les problèmes aux Etats-Unis mais, d'une certaine manière, moins qu'avant, lorsqu'il n'existait pas un puissant moteur asiatique", note-t-il. Quant à l'affaiblissement de la conjoncture internationale, il n'arrêtera pas la volonté de réforme de son gouvernement, "au contraire", réaffirme-t-il.
Le Premier ministre profite de l'occasion rare d'une interview à un grand média étranger pour défendre longuement les réformes entreprises depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. "Il y a une volonté de rompre avec le passé et nous continuerons ainsi pendant les cinq prochaines années", martèle-t-il à l'intention du lectorat de patrons et de décideurs internationaux du FT, journal qui s'est parfois montré sceptique sur le credo libéral de l'exécutif français. Il égrène le contenu de celles déjà entamées, vantant ce qu'il présente comme "le plus important programme de réformes économiques et sociales depuis la fin des années 60", et répétant son leitmotiv : "Nous voulons que les Français travaillent plus, investissent plus et que l'Etat dépense moins".
D'après agence
La baisse de Sarkozy dans les sondages est "anecdotique" |
François Fillon juge "anecdotique" la stabilité de sa popularité face à l'érosion de la cote de confiance de Nicolas Sarkozy. "Ce qui importe, c'est que nous avons un président pour cinq ans qui est déterminé à changer les choses", déclare le Premier ministre dans le Financial Times. "Les sondages changent si vite d'une semaine à l'autre. Il suffit d'un événement qui frappe les Français pour que les sondages changent", relève-t-il, revenant sur sa relation avec Nicolas Sarkozy. "Si nous avons des styles différents, la raison en est qu'il est président et que je suis Premier ministre. Nous sommes complémentaires", réaffirme-t-il. N'est-il pas dans le rôle du Premier ministre..."d'être plus impopulaire que le président?", ironise François Fillon. "Nous verrons sur le long terme", dit-il. |
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