L'économie américaine en difficulté © LCI / sxc.hu"Clairement, les symptômes de la récession sont là". L'analyse dans le Wall Street Journal a le mérite d'être claire, elle ne vient pas de n'importe qui : Alan Greenspan, est l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, devenu le pape de l'économie des Etats-Unis. Une autorité morale dont les déclarations sont scrutées par tout le petit monde de la finance internationale.
Greenspan a beau tempérer ses propos en affirmant que le scénario le plus probable est celui qui penche "légèrement" vers la récession. En reconnaissant que ses chances sont toujours proches de 50% et "sans doute plutôt un peu au-dessus qu'en dessous", il glace le sang des observateurs.
10 milliards de dollars de pertes
Il ne se passe un jour depuis le début de l'année 2008 sans qu'une mauvaise nouvelle nous vienne d'outre-Atlantique. Ce mercredi, les chiffres de l'inflation sont tombés. La hausse des prix a atteint en 2007 son niveau le plus élevé en 17 ans aux Etats-Unis, avec 4,1%, entraînée par la progression très forte des prix de l'énergie et de l'alimentation.
Ventes de Noël ternes, indice d'activité industriel en chute viennent compléter ce tableau. Pour les analystes, c'est l'éternelle crise des "subprimes", les crédits immobiliers accordés trop légèrement à des ménages modestes qui continue de plomber toute l'économie, par ricochet. L'exemple le plus édifiant est celui du géant de la banque Citigroup. Mardi, il a annoncé avoir perdu près de dix milliards de dollars. En un trimestre...
La banque a dû appeler à la rescousse des pays asiatiques qui lui ont prêté des fonds pour renflouer ses comptes. Mauvaise surprise : au-delà des fameuses "subprimes", ses crédits à la consommation commencent à lui coûter très cher. L'Amérique s'inquiète maintenant de ce que pourraient annoncer les autres banques et redoute de trouver d'autres cadavres dans leurs placards.
Entrée en force dans la campagne
Le gouvernement américain a en outre annoncé le plus mauvais chiffre pour les ventes de détail depuis six mois. Avec Wall Street, les Bourses asiatiques et européennes commencent à subir l'impact de ce marasme (Voir notre article). Dans ce contexte morose, l'économie a fait son grand retour dans la campagne présidentielle jusqu'ici dominée par les grands sujets diplomatiques ou encore l'écologie.
Lors de la dernière primaire, dans le Michigan, un sondage réalisé à la sortie des urnes a montré que l'économie, point fort de républicain Mitt Romney qui a remporté la primaire de son parti dans cette état était le dossier "le plus important" pour 58% des électeurs. Loin devant l'Irak, point fort de son adversaire John McCain...
Le Michigan est un état particulièrement sinistré économiquement mais cet amoncellement de mauvaises nouvelles pourrait replacer l'économie en plein cœur de la course à la Maison-Blanche alors qu'à l'étranger, tous les regards guettent le moindre toussotement de la première machine économique du monde.
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