Warren buffet avec Hillary Clinton le 11 décembre 2007 en Californie (San Francisco) © abacapress.comFaire remonter la Bourse, c'est simple comme un coup de fil. En tout cas quand vous vous appelez Warren Buffet, que vous êtes la troisième fortune mondiale et une autorité morale sur l'économie de la planète, une sorte de dalaï-lama du capitalisme, affectueusement baptisé "le sage d'Omaha", sa ville d'origine, par ses admirateurs.
Du haut de son prestige et de ses cinquante milliards de dollars, le sémillant septuagénaire a passé un coup de téléphone qui pourrait tout changer dans la fameuse crise des subprimes, celle la même qui fait trembler tout l'économie américaine depuis maintenant un an
L'homme qui tombe à pic
Lors d'un entretien téléphonique à la chaîne CNBC, une cousine américaine de LCI, Warren Buffet a proposé sa solution miracle pour mettre fin à la crise : venir en aide grâce à sa fortune aux principaux réassureurs de crédit. Derrière ce nom barbare se cachent des géants financiers qui assurent les banques elles-mêmes en couvrant les risques liés aux prêts qu'elles ont consentis, parfois à la légère.
S'agissant les aspect techniques, le célèbre milliardaire Warren Buffet a offert aux trois principaux rehausseurs de crédit américains MBIA, Ambac et FGIC, de réassurer à hauteur de 800 milliards de dollars la partie de leur portefeuille la plus sûre, c'est-à-dire celle qui leur pose le moins de problèmes.
Il n'en fallait pourtant pas plus pour redonner du peps aux places financières, trop contentes de voir se lever - en partie - l'épée de Damoclès qui les tétanise depuis l'automne. Après cette annonce, un "effet Buffet" a déferlé sur les bourses du monde entier. Paris, Londres gagnaient plus de 3% mardi tandis que Wall Street et Tokyo retrouvaient des couleurs. "Warren Buffett a donné un coup de fouet au marché en décidant d'aider les rehausseurs de crédit, qui sont devenus l'une des principales inquiétudes des investisseurs", décode Owen Fitzpatrick, analyste à la Deutsche Bank.
Grosse fortune, grand coeur
Le milliardaire a tenu à préciser qu'il n'agissait pas par philanthropie puisqu'il demandera une commission aux réassureurs pour ses bons services, égale à 1,5 fois le montant que ces crédits devaient leur rapporter, une solution déjà jugée trop gourmande par l'un d'entre eux.
Warren Buffet n'a-t-il donc que des dollars dans les yeux? C'est déjà sur des investissements astucieux voire iconoclastes qu'il a bâti sa fortune. Un appât du gain qui n'empêche pas celui qui d'affiche comme démocrate, la gauche américaine, de se faire régulièrement l'avocat d'une économie plus morale où les riches seraient davantage taxés et les grands patrons moins rémunérés. On ne pourra pas lui reprocher une éventuelle incohérence : le milliardaire a déjà commencé à mettre de l'ordre dans sa fortune en signant de gros chèques à diverses fondations caritatives, en commençant par celle d'un jeune retraité sans le sou.... Bill Gates.
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