Le président George Bush annonce son plan de relance pour l'économie américaine le 18 janvier 2008 © LCI / DR 
La crise financière s'accentue aux Etats-Unis
Pas de panique, tout est sous contrôle. Face à la spirale dans laquelle sont engagées l'économie américaine et, dans son sillage, les places financières mondiales, George W. Bush est intervenu lundi pour tenter de rassurer sur la santé de la première économie mondiale. Le président américain a reconnu que les Etats-Unis vivaient des temps économiques "difficiles" mais a affirmé que la situation était maîtrisée.
"Une autre chose est sûre, c'est que nous avons agi de manière forte et décisive", a dit George Bush après s'être fait rendre compte de la situation par son équipe économique. "La Réserve fédérale est intervenue rapidement pour mettre de l'ordre sur les marchés financiers", a estimé le président américain avant d'affirmer que son administration va continuer à "surveiller la situation et, si nécessaire, agira de manière résolue".
"Les Etats-Unis sont déjà entrés en récession"
Plombé par le sauvetage en catastrophe de la banque Bear Stearns (Voir notre article) et les rumeurs de difficultés financières qui entourent à présent la prestigieuse banque d'investissement Lehman Brothers, le système bancaire américain attend un nouveau signe de la "Fed". La Réserve fédérale américaine devrait baisser de nouveau son taux principal mardi pour donner un bol d'air aux banques, en mal de liquidités. Depuis le début de la crise des subprimes, elle l'a déjà ramené de 5,25% à 3%.
Les analystes s'attendent à une nouvelle baisse comprise entre 0,5 et 1%. "Il y a de plus en plus de raisons de considérer que les Etats-Unis sont déjà entrés en récession, offrant à la Réserve fédérale américaine une raison supplémentaire de baisser de 100 points de base (NDLR : 1%) son principal taux directeur" lors de sa réunion de mardi, commente James Knightley, chez ING. La Fed ayant multiplié les gestes inopinés depuis dix jours, elle pourrait même "les baisser dès lundi", ajoute l'économiste de la banque néerlandaise.
Les Bourses dévissent, le dollar aussi
Gagnée par l'inquiétude, la Bourse de New York reculait fortement dans les premiers échanges. Avant de se redresser et de clôturer sur une note contrastée : le Dow Jones a gagné 0,16% tandis que le Nasdaq a cédé 0,91%. Le dollar subit toujours de plein fouet la détérioration de la situation économique aux Etats-Unis, l'euro restait donc en hausse après un record face à la devise américaine lundi à la mi-journée. La monnaie européenne a atteint un nouveau pic historique en dépassant les 1,59 dollar.
La Bourse de Paris n'a pas été épargnée par la psychose. Elle a terminé en forte baisse lundi, l'indice CAC 40 cédant 3,51% à 4.431,04 points après les nouvelles inquiétantes venues aux Etats-Unis, ce regain d'inquiétude sur la croissance économique venant s'ajouter à la débâcle du secteur financier. Londres cédait à la cloture 3,86% et Francfort 4,18% .
La crise financière pourrait encore s'étendre. Aucun pays n'est "à l'abri", estimait lundi le président de la Banque mondiale Robert Zoellick, rejetant la théorie d'un "découplage" entre les pays occidentaux en difficulté et les pays émergents à forte croissance."Je pense que certains effets de la crise vont se transmettre à la fois au niveau commercial et financier", a-t-il ajouté.
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