Christine Lagarde, le 13 février 2008 sur LCI © TF1-LCILe gouvernement a bâti son projet de budget 2008 sur une hypothèse de croissance comprise entre 2% et 2,5% et prévoit pour l'heure une croissance "proche de 2 %", après les 1,9 % de 2007. Ce seuil des 2%, Christine Lagarde s'y accrochait depuis le début de l'année. Désormais, la ministre de l'Economie envisage une nouvelle et "légère" baisse le mois prochain. "On fait tourner nos modèles et à la mi-avril on republiera des prévisionnels de croissance (...) je pense qu'on aura une légère baisse", a-t-elle déclaré sur Europe 1.
Cette révision coïncidera avec la Conférence économique de la Nation, dont la réunion de printemps est prévue le 14 avril, à l'occasion de laquelle les instituts de conjoncture et le gouvernement confrontent leurs projections macro-économiques et à l'issue de laquelle le ministère de l'Economie publiera ses Perspectives économiques 2008-2009. L'Insee doit par ailleurs publier vendredi sa note trimestrielle de conjoncture contenant ses prévisions de croissance pour les deux premiers trimestres de 2008 et qui a été remise mercredi aux services de Christine Lagarde.
"L'environnement international a changé"
Pour justifier cette révision des hypothèses de croissance, Christine Lagarde a mis en avant des "éléments chiffrés un peu différents" et "l'environnement international qui a changé". Le budget 2008, a-t-elle rappelé, est bâti sur la base d'un euro à 1,35 dollar et d'un baril de pétrole à 75 dollars. Or la monnaie unique dépasse aujourd'hui 1,55 dollar et le pétrole a battu des records à plus de 110 dollars. "Je pense que la baisse sera nettement inférieure en tout cas à ce qui a été indiqué par mes homologues allemand et anglais parce qu'on tient mieux", a cependant souligné la ministre en notant que l'économie française résiste à la crise américaine et est "plutôt plus solide que même nos voisins européens". L'Allemagne a récemment réduit sa prévision de croissance 2008 à 1,7% contre 2% précédemment, et le Royaume-Uni vient d'abaisser la sienne à 1,75-2,25% contre 2,0-2,5% précédemment.
Seule certitude aujourd'hui : l'hypothèse de croissance de 2,25% sur laquelle est bâti le budget est jugée irréaliste par les économistes qui situent plutôt la croissance aux alentours de 1,6% cette année, voire moins. En février, le Fonds monétaire international a réduit d'un demi-point sa prévision de croissance pour la France, à 1,5%, et la Commission européenne a abaissé la sienne de 0,4 point à 1,7%. L'Organisation de coopération et de développement économiques a publié pour sa part jeudi une prévision de croissance de 0,4% au premier ainsi qu'au deuxième trimestres en France.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




