Christine Lagarde le 26 mars 2008 © DRSi la France s'inquiète en pleine crise financière, Christine Lagarde po-si-tive. Encadrée pas sa nouvelle équipe "formidable" de quatre secrétaires d'Etat, la ministre de l'Economie a avant tout voulu rassurer ce mercredi lors d'une conférence de presse où elle a également dressé un premier bilan de la politique économique du gouvernement.
L'économie française "se porte plutôt bien", s'est félicité une Christine Lagarde à la fois souriante et sérieuse qui a pointé que la France résistait mieux que d'autres pays à la crise financière internationale. "L'euro fort nous a préservé de la très forte augmentation du pétrole", a-t-elle souligné. Dans cette veine, la ministre, a mis en avant les "trois records historiques" de 2007, avec un taux de chômage ramené à son plus bas niveau depuis 1983 (7,5% au dernier trimestre), 328.000 créations d'emplois enregistrées l'an dernier et un rythme élevé de créations d'entreprises.
"Tous les Français bénéficient de la loi sur le pouvoir d'achat" votée en septembre a encore estimé Christine Lagarde qui a notamment mis en avant les "5,5 milliards d'euros" redistribués dans l'économie par le volet sur les heures supplémentaires défiscalisées.
Croissance en baisse, déficit en hausse
Au chapitre des mauvaises nouvelles, la ministre de l'Economie a confirmé que le gouvernement allait, dans le contexte du ralentissement de l'économie mondiale, réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008, tablant désormais sur une progression du PIB comprise entre 1,7% et 2%."Cela paraît un chiffre raisonnable compte tenu des incertitudes internationales et des bonnes performances de l'économie française", a-t-elle dit.
Une baisse qui ne restera pas sans impact sur les comptes publics, reconnaît la ministre. "La révision de notre taux de croissance nous amènera à revoir notre prévisionnel de déficit des administrations publiques" pour 2007, qui devrait être "légèrement supérieur" à 2,4% du PIB initialement prévu. Cela entraînera également une aggravation du déficit pour 2008, a-t-elle admis.
Pas de rigueur, du sérieux
"Notre impératif absolu est celui de la compétitivité de l'économie française", a martelé Christine Lagarde qui s'est bien gardé d'utiliser le très tabou terme de "rigueur" alors que le porte-parole du PS, Julien Dray, jugeait au contraire que le gouvernement serait "obligé" de mettre en place "un plan de rigueur rampant" dans un environnement économique difficile.
Ce mercredi matin, le ministre du Travail Xavier Bertrand démentait à son tour sur France Inter l'existence d'un tel plan. Sur l'insistance du journaliste, il expliquait qui fallait simplement gouverner "avec sérieux". Le ton avait été donné la semaine dernière par le président de la République lui-même. "Il n'y aura pas de changement de cap, il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", avait insisté Nicolas Sarkozy, demandant plutôt au gouvernement de "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays".
| Pour les Français, priorité aux déficits |
Deux tiers des Français estiment que la réduction des déficits publics doit être une priorité du gouvernement, selon un sondage Ifop pour Valeurs actuelles à paraître vendredi. Comme on leur demande quelles devraient être "les trois priorités du gouvernement", 66% des sondés se prononcent pour "la poursuite de la réduction des déficits publics". La mise en place d'un service minimum en cas de grèves dans les écoles vient loin derrière à 37%, avec "l'assouplissement des conditions d'implantation de nouvelles grandes surfaces afin d'accroître la concurrence et de faire baisser les prix" à 36%. Suivent le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (30%), l'allongement de la durée de cotisation retraite à 41 annuités à 25%, la suppression de l'échelon départemental et le retour aux 39 heures de travail hebdomadaire crédité de 23%. |
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