Image d'archives © TF1Le grand public a rarement affaire directement à l'Unedic. Les bénéficiaires de l'assurance-chômage s'adressent plutôt à l'une des 650 antennes Assedic que cet organisme fédère, en fonction de leur lieu de résidence. Géré paritairement par les syndicats et le patronat, l'Unedic, dont la fusion avec l'ANPE doit intervenir au deuxième semestre 2008, est pourtant une institution qui pèse lourd : Unedic et Assedic gèrent un budget de 30 milliards d'euros, alimenté par les cotisations salariales et patronales, et emploient 14.000 salariés. Et c'est une institution qui dégage actuellement de confortables bénéfices, sur lesquels les syndicats gestionnaires préfèrent rester discrets.
Les chiffres ont été dévoilés ce vendredi par Les Echos. Selon le quotidien économique, la baisse nette du chômage enregistrée en décembre, en diminuant le nombre de bénéficiaires de l'assurance-chômage, a fait baisser significativement les indemnisations : 100 millions d'euros de dépenses prévues en moins. Quant au mois de janvier, il s'est signalé par des recettes exceptionnelles, d'où un excédent de trésorerie de 940 millions d'euros. L'Unedic profite en effet non seulement de la baisse du chômage, mais aussi de la hausse de l'emploi salarié (+ 0,6 % entre octobre et décembre) et des salaires (+ 0,8 %). D'où davantage de cotisants, et qui cotisent plus.
Les syndicats gestionnaires prennent leurs précautions
Signe de cette bonne santé, en 2007, l'Unedic a dégagé un résultat de 3,5 milliards d'euros, soit 300 millions d'euros de plus que ce qui avait été prévu en octobre dernier. Pour 2008, les prévisions actuelles sont de 4,5 milliards d'euros, mais devraient être revus à la hausse mardi, à l'occasion d'une réunion des syndicats gestionnaires de l'Unedic.
Mais l'Etat et la sécurité sociale louchent déjà vers cette "cagnotte" et comptent tirer argument de la baisse du chômage pour renflouer les caisses de retraite, souligne le quotidien économique. D'où la discrétion des syndicats gestionnaires sur ces bons résultats. Résultats qui ne doivent pas faire oublier que le régime de l'assurance-chômage fait encore face à une dette de 5 milliards d'euros qui ne sera pas épongée avant 2009. Par ailleurs, les bénéfices records de janvier tiennent en partie au calendrier des cotisations des entreprises : celles de moins de 10 salariés ont versé leur dû précisément en janvier. Mais ce versement n'intervient que tous les trois mois. Aussi, pour protéger leur bas de laine, les syndicats gestionnaires ont prévu, assurent Les Echos, de mettre en place un fonds de réserve pour s'assurer 6 milliards de trésorerie.
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