François Fillon, à l'Assemblée nationale, le 25 mars 2008 © TF1-LCIEn proie aux critiques sur la politique du gouvernement de la part notamment de la gauche victorieuse aux municipales, le Premier ministre fait un tour d'horizon des dossiers économiques dans une interview à l'Express.
- Sur le salaire minimum :
François Fillon annonce que "selon toute vraisemblance" le salaire minimum sera "augmenté le 1er mai". Comme on lui demande s'il va augmenter le Smic avant le 1er juillet, le Premier ministre indique que "c'est quasiment certain". "La règle veut que, dès que la hausse des prix dépasse les 2% par rapport au mois de mai précédent, le salaire minimum soit ajusté", explique-t-il, précisant que le montant serait connu "le 15 avril".
- Sur la croissance 2008
Le gouvernement va réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008, qui "se situera entre 1,7 et 2%", annonce-t-il par ailleurs. "L'Insee prévoit 0,4% au premier trimestre et 0,3% au deuxième. La prévision du gouvernement se situera entre 1,7 et 2% pour l'année 2008", explique le chef du gouvernement. "Mais cette révision n'aura aucun effet sur le budget 2008, construit pour résister à une variation de croissance de cet ordre-là", assure-t-il, alors que le gouvernement a bâti son budget 2008 sur une hypothèse de croissance de 2,25%.
- Sur les déficits publics
Le montant des déficits publics en 2007 "sera sans doute un peu supérieur aux 2,4%" du PIB "initialement prévus", indique en outre le Premier ministre. "On le connaîtra précisément le 28 mars". Le gouvernement devra donc "nécessairement" réviser son objectif pour 2008, fixé à 2,3%, reconnaît-il. "La situation économique internationale est telle que les autres pays vont aussi réviser leur objectif. Les glissements seront très comparables". "Le ralentissement de la croissance mondiale appelle une accélération et un approfondissement des réformes, mais certainement pas un plan de rigueur", martèle-t-il toutefois.
- Sur la CRDS
François Fillon affirme qu'"il n'est pas question d'augmenter" la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), et que le gouvernement réduira les prélèvements obligatoires "si la conjoncture le permet". "Dans le contexte actuel, (une augmentation de la CRDS), ce serait à coup sûr faire baisser la croissance", estime-t-il. Interrogé sur la promesse faite par Nicolas Sarkozy, durant la campagne présidentielle, de baisser de 68 milliards d'euros en dix ans les prélèvements obligatoires, le chef du gouvernement affirme que "l'engagement que nous avons pris, c'est de ramener nos finances publiques à l'équilibre en 2012". "En 2008, la situation internationale est préoccupante et l'objectif, c'est donc le retour à l'équilibre en 2012. Si l'on peut faire mieux, on le fera", explique-t-il.
- Sur les retraites
Le gouvernement "n'a pas l'intention de remettre en question" l'âge légal de départ à la retraite, déclare François Fillon, assurant que "la loi s'appliquera" pour le passage à 41 annuités de cotisation d'ici 2012. "La loi de 2003 prévoit le passage à une durée de cotisation de 41 annuités progressivement d'ici à 2012, sauf si les conditions démographiques ou économiques sont profondément modifiées, ce qui n'est pas le cas", indique le Premier ministre. "Donc, la loi s'appliquera". "Le débat sur l'âge légal (de départ à 60 ans, ndlr) avait été tranché dans la loi de 2003. Le gouvernement n'a pas l'intention de le remettre en question. Si les partenaires sociaux posent cette question, nous en débattrons...", ajoute-t-il. Le chef du gouvernement se prononce pour un "nouveau mode d'indexation" des retraites sur les prix.
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