Des dollars américains. © TF1/LCILes dirigeants européens ont fait part de leur inquiétude face aux fortes turbulences sur les marchés des changes, à l'heure où l'euro franchit des niveaux record face au dollar. Pour la première fois, les 27 pays de l'Union ont mentionné cette question dans les conclusions de leur Conseil de printemps, qui s'est tenu jeudi et vendredi à Bruxelles. Face à la nervosité des marchés, ils se sont toutefois contentés de reprendre une partie des conclusions de la dernière réunion de l'Eurogroupe, où figurait une mise en garde contre les "mouvements de change excessifs".
"Une volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change ne sont pas souhaitables pour la croissance économique. Dans les circonstances actuelles, nous sommes préoccupés par des mouvements de taux de change excessifs", peut-on lire dans les conclusions de la présidence. "Nous n'avons pas parlé de l'intervention (sur les marchés financiers) car ce c'était ni l'endroit ni le bon moment de faire", a toutefois précisé le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, confirmant une retenue exprimée plus tôt par la présidence slovène de l'Union européenne.
"Ne soyons pas naïfs"
Comme lors de la réunion des pays de la zone euro du 3 mars "nous ne pouvons qu'appeler instamment les marchés financiers à ne pas se concentrer sur le court terme et à ne pas perdre de vue les développements à moyen et long terme", a dit Juncker. Le Premier ministre luxembourgeois, qui avait évoqué la veille la probabilité d'une récession aux Etats-Unis, s'est néanmoins voulu réaliste. "Ne soyons pas naïfs. Cette crise financière qui a débuté aux Etats-Unis n'est pas terminée. Je crois qu'elle va nous accompagner pendant encore quelques mois", a-t-il estimé.
Le dollar a touché jeudi un nouveau point bas record face à l'euro, poursuivant sa chute face aux craintes de récession aux Etats-Unis et à la crise financière qui secoue les marchés. Face à l'euro, la devise américaine s'est à un moment négociée au cours sans précédent de 1,5624 dollar avant de revenir sous la barre de 1,56 dollar. George W. Bush s'est déclaré cette semaine en faveur d'un dollar fort, ajoutant que la faiblesse du billet vert influençait les cours du pétrole, qui ont franchi la barre des 110 dollars le baril.
Le président français Nicolas Sarkozy, qui a souvent dénoncé les inconvénients d'un euro fort, a salué les conclusions du Conseil. Lors de sa conférence de presse finale, il a dit "la satisfaction de la France qu'il y ait une préoccupation du Conseil européen à propos de la situation des changes". Il aurait été à ses yeux "inconcevable que le conseil européen reste silencieux sur ce point". Plus que la force de l'euro, c'est la faiblesse du dollar qu'ont mis en avant plusieurs dirigeants européens, à l'image de Didier Reynders, le ministre belge des Finances : "On peut résister mieux au choc pétrolier grâce à l'euro fort. Par contre, c'est vrai que par rapport aux exports, il y a une préoccupation qui est là. Et surtout on est préoccupé beaucoup plus par la faiblesse du dollar. C'est ça le problème aujourd'hui". Une analyse partagée par Jean-Claude Juncker, qui a salué les propos de George W. Bush "disant qu'un dollar fort (était) dans l'intérêt de l'économie américaine".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




