Un plan d'économies, oui, mais de combien ?

Par O. L avec agences, le 03 avril 2008 à 14h24 , mis à jour le 04 avril 2008 à 09h19

En direct à 12 heures sur LCI.fr-Nicolas Sarkozy doit annoncer vendredi 140 mesures qui feront économiser 7 milliards d'euros brut et 5 milliards net à l'horizon 2011.

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Budget : des syndicats refusent de quitter le ministère de la Culture
sans que Christine Albanel ne les reçoive.

Suivez en direct à 12 heures le discours du chef de l'Etat à propos des nouvelles mesures visant à réduire les dépenses publiques

Le plan d'économies que le gouvernement annoncera vendredi (en direct sur LCI.fr à 12 heures) ne fait plus aucun doute, l'heure est désormais à en questionner l'ampleur. Dernier chiffre en date : Nicolas Sarkozy va annoncer vendredi 140 mesures. Selon Les Echos, elles permettront d'économiser 7 milliards d'euros brut et 5 milliards net à l'horizon 2011. Sur ces 7 milliards, 1,75 milliard "sera restitué aux fonctionnaires", poursuit le quotidien. Parmi les mesures, le journal cite le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la fonction publique d'Etat, une réorganisation de certains services de l'Etat et de l'armée, le recentrage de quelques prestations comme l'aide au logement HLM ou les majorations de retraites outre-mer.

Dans la même édition, François Hollande estime que le gouvernement "diffère l'ajustement fiscal" et multiplie les "subterfuges" pour cacher la politique de rigueur qu'il est contraint de mener. "Cessons de jouer sur les mots. Le gouvernement nie la rigueur parce qu'il prétend ne pas augmenter les impôts", déclare le premier secrétaire du Parti socialiste.
 
"Ni plan de rigueur, ni hausse des impôts"
 
Pour revenir sur les chiffres, jeudi, le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer (UMP) avait indiqué que les économies budgétaires se situeraient "autour de cinq milliards" précisant qu'il n'avait pas le chiffre exact. "Sur un budget de 460 milliards, il est décidé de faire des économies à hauteur environ de cinq milliards, ça fait environ 1%. Dans tout budget, 1% de marge, c'est tout à fait possible de faire ce genre d'économies", a ajouté le président de l'Assemblée sur Canal +. "Lorsqu'il y a la conjoncture mondiale que l'on connaît, on ne peut pas dire une fois de plus la France est dans une bulle de verre", a-t-il dit.

Selon le quotidien Le Monde, le gouvernement attend "six à sept milliards d'euros" d'économies du nouveau train de mesures qui doit être arrêté vendredi lors du Conseil de modernisation des politiques publiques. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a assuré de son côté mercredi que les économies seraient inférieures à la somme annoncée par le quotidien. "Il n'y aura absolument pas le gel de six à sept milliards, mais d'une partie de ces sommes", a-t-il déclaré. "Il n'y aura ni plan de rigueur, ni hausse des impôts ou des prélèvements obligatoires. C'est un engagement que nous prenons. Il y aura par contre des réformes structurelles importantes" pour supprimer "les dépenses inutiles ou improductives".
 
"On va vers un plan d'économies sans équivalent sous la Ve République mais sans augmentation d'impôts à la clé", a dit un autre député UMP, prévoyant "un plan qui n'est pas chiffrable car étendu sur plusieurs années" avec "une réforme totale des niches fiscales qui plombent les recettes budgétaires". Le président de la commission des Affaires sociales Pierre Méhaignerie (UMP) a préféré parler de "gestion rigoureuse" plutôt que de rigueur.
 
"Un scénario explosif"
 
Dans les couloirs de l'Assemblée, Arnaud Montebourg ne mâchait pas ses mots mercredi soir. "Nous avons devant nous un scénario explosif de crise politique. Le gel des crédits est un hors-d'oeuvre par rapport au plan de rigueur. Le gouvernement ne mettra pas en oeuvre un dixième de ce qu'il a annoncé. Les Français n'auront plus de services publics", brocardait le député socialiste. "On prélèvera sur les classes moyennes et populaires les cadeaux fiscaux consentis aux privilégiés".
 
Le secrétaire national du PS à l'économie, Michel Sapin, a lui estimé jeudi que l'on était aujourd'hui dans "la rigueur extrême", avant même la prise en compte des "effets de la crise mondiale" qui se traduira "inévitablement par des prélèvements sur tout le monde".

Selon un sondage réalisé pour LCI et Le Figaro et publié vendredi dans le quotidien, 79% des Français estiment que "les déficits publics de la France sont si élevés qu'il est indispensable de réduire fortement les dépenses publiques", Seules 20% des personnes interrogées pensent que "les déficits publics de la France ne sont pas à un niveau qui rend indispensable de réduire fortement les dépenses publiques".

Le RSA vraiment trop cher?

La ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, a jugé mercredi qu'il était "prématuré et irresponsable" d'évoquer un "abandon" ou un "report indéfini" du Revenu de solidarité active (RSA). Le projet de Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsh, destiné à encourager le retour à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux en permettant le cumul des revenus de solidarité et des revenus du travail est jugé trop coûteux pour la situation budgétaire actuelle. Ce matin, dans le Parisien, Martin Hirsh défendait son projet par ses mots : "Trois milliards pour deux millions de pauvres en moins, c'est plutôt rentable"

Par O. L avec agences le 03 avril 2008 à 14:24
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