Robert Zoellick, président de la Banque mondiale (14 avril 2008) © TF1/LCICes derniers mois, la hausse des prix de l'alimentation a provoqué une agitation sociale dans divers pays, provoquant notamment la chute du Premier ministre à Haïti et des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts et 200 blessés. Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché.
Cette flambée des produits alimentaires ne semble pas avoir pour l'heure de raison de cesser, et ses effets pourraient s'étendre. La Banque mondiale, qui réunissait dimanche son comité pour le Développement, a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence. "Sur la base d'une analyse sommaire, nous estimons que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution Robert Zoellick.
"Pas de raisons objectives à des diminutions de prix"
Au Fonds monétaire international, même constat alarmiste : le directeur général de cette institution, Dominique Strauss-Kahn, a lancé samedi une mise en garde. "Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant... les conséquences seront terribles", a-t-il assuré au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une réunion de l'instance dirigeante du FMI. "Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économiques", a-t-il mis en garde. Au-delà de l'agitation sociale et de l'impact potentiellement terrible de la crise alimentaire sur les populations les plus exposées, ce sont tous les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement qui pourraient se retrouver "complètement détruits", selon Dominique Strauss-Kahn. Voilà pourquoi le directeur général du FMI a souligné que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. La crise alimentaire pourrait ainsi avoir des effets pour la planète entière et toute la sphère économique.
Tout ceci explique pourquoi les questions sur la crise alimentaire, longtemps cantonnées dans les pays directement frappés, inquiètent de plus en plus les Occidentaux, au point de faire les gros titres même en France. Interrogé lundi sur BFM, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé qu'il fallait faire de la production agricole pour l'alimentation "une priorité" à l'échelle planétaire. Dans un entretien à Libération, Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, a prophétisé pour sa part que le monde se dirige "vers une très longue période d'émeutes" liées à la hausse des prix et à la pénurie alimentaire. Ce week-end dans le Journal du Dimanche, le directeur général de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), Jacques Diouf, avait déjà mis en garde : les émeutes consécutives à la hausse des prix qui ont frappé jusqu'à présent l'Afrique et les Caraïbes pourraient toucher bientôt l'Asie. Et il prévenait : "Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix. Il faut donc s'attendre à de nouvelles émeutes de la faim".
D'après agence
| Pêche : des ressources de plus en plus limitées |
La sécurité alimentaire de millions de personnes est menacée par la surpêche, le changement climatique et la pollution qui s'abattent les océans, ont mis en garde des experts réunis à Hanoï. Selon ces experts gouvernementaux, universitaires ou encore membres d'organisation de défense de l'environnement, qui s'exprimaient lors d'une conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles les mers et océans qui recouvrent les deux-tiers de la planète lui fournissent le cinquième de ses protéines. Mais, d'après la FAO, les trois quarts des stocks de poissons sont exploités à la limite de leurs capacités, sur-exploités, ou complètement épuisés. Des stocks que le changement climatique contribue un peu plus à raréfier. |
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