La faim du monde n'a jamais été aussi proche

le 13 avril 2008 à 07h00 , mis à jour le 14 avril 2008 à 11h38

Les émeutes de la faim, parties d'Afrique et des Caraïbes, pourraient s'étendre. La Banque mondiale réclame une action d'urgence.

Robert Zoellick, président de la Banque mondiale (14 avril 2008)Robert Zoellick, président de la Banque mondiale (14 avril 2008) © TF1/LCI

Ces derniers mois, la hausse des prix de l'alimentation a provoqué une agitation sociale dans divers pays, provoquant notamment la chute du Premier ministre à Haïti et des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts et 200 blessés. Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché.

Cette flambée des produits alimentaires ne semble pas avoir pour l'heure de raison de cesser, et ses effets pourraient s'étendre. La Banque mondiale, qui réunissait dimanche son comité pour le Développement, a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence. "Sur la base d'une analyse sommaire, nous estimons que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution Robert Zoellick.

"Pas de raisons objectives à des diminutions de prix" 

Au Fonds monétaire international, même constat alarmiste : le directeur général de cette institution, Dominique Strauss-Kahn, a lancé samedi une mise en garde. "Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant... les conséquences seront terribles", a-t-il assuré au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une réunion de l'instance dirigeante du FMI. "Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économiques", a-t-il mis en garde. Au-delà de l'agitation sociale et de l'impact potentiellement terrible de la crise alimentaire sur les populations les plus exposées, ce sont tous les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement qui pourraient se retrouver "complètement détruits", selon Dominique Strauss-Kahn. Voilà pourquoi le directeur général du FMI a souligné que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. La crise alimentaire pourrait ainsi avoir des effets pour la planète entière et toute la sphère économique.

Tout ceci explique pourquoi les questions sur la crise alimentaire, longtemps cantonnées dans les pays directement frappés, inquiètent de plus en plus les Occidentaux, au point de faire les gros titres même en France. Interrogé lundi sur BFM, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé qu'il fallait faire de la production agricole pour l'alimentation "une priorité" à l'échelle planétaire. Dans un entretien à Libération, Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, a prophétisé pour sa part que le monde se dirige "vers une très longue période d'émeutes" liées à la hausse des prix et à la pénurie alimentaire. Ce week-end dans le Journal du Dimanche, le directeur général de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), Jacques Diouf, avait déjà mis en garde : les émeutes consécutives à la hausse des prix qui ont frappé jusqu'à présent l'Afrique et les Caraïbes pourraient toucher bientôt l'Asie. Et il prévenait : "Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix. Il faut donc s'attendre à de nouvelles émeutes de la faim".

D'après agence

Pêche : des ressources de plus en plus limitées

La sécurité alimentaire de millions de personnes est menacée par la surpêche, le changement climatique et la pollution qui s'abattent les océans, ont mis en garde des experts réunis à Hanoï. Selon ces experts gouvernementaux, universitaires ou encore membres d'organisation de défense de l'environnement, qui s'exprimaient lors d'une conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles les mers et océans qui recouvrent les deux-tiers de la planète lui fournissent le cinquième de ses protéines. Mais, d'après la FAO, les trois quarts des stocks de poissons sont exploités à la limite de leurs capacités, sur-exploités, ou complètement épuisés. Des stocks que le changement climatique contribue un peu plus à raréfier.

le 13 avril 2008 à 07:00
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10 Commentaires

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  • Justine, le 13/04/2008 à 16h28

    Ce siècle fait vraiment très peur !

  • Franck, le 13/04/2008 à 15h29

    Rechauffement climatique ,épuisement des stocks de poissons , surpopulation et alimentation trop chère . Emeute de la faim : celà me rappelle un film . SOLEIL VERT !!!!

  • Josée, le 13/04/2008 à 14h56

    Des émeutes de la faim dans le monde et en France on défile tous les jours dans la rue pour le pouvoir d'achat alors qu'il y a de plus en plus d'obèses, 2 ou 3 tél portables par famille , internet, un sécurité sociale qui ose demander une contribution sauf aux plus démunis, pour pouvoir continuer à exister et prendre les gros malades en charge à 100%, des économies sur les postes de fonctionnaires, alors que 520.000 d'entre eux étaient constamment absents, donc apparemment la vie continuait sans eux,etc... comment ceux qui manifestent osent encore se regarder dans la glace, ils n'ont pas honte !!! ils mangent tous les jours à leur faim, eux !!!!

  • Antovador, le 13/04/2008 à 14h51

    Voila le prix á payer en voulant "nourrir" les voitures par les biocarburants soi-disant vert au lieu des conducteurs!! Quel gachis, quel scandale. J'aimerai voir la tête de Mr Jean Ziegler.

  • Kubs, le 13/04/2008 à 13h45

    Je crois que l'hyper libéralisme a atteint ses limites, gare à l'effet papillon nous risquons fort de subir les effets de l'agitation actuelle. Il faut revenir à plus de retenue boursière: limitons les échanges commerciaux stériles qui se révèlent plus délèteres que bénéfiques (c'est à dire arretons d'importer si la ressource est disponible) et taxons les échanges boursiers pour limiter le spéculationnisme.

  • Gerard, le 13/04/2008 à 12h46

    Et bientot la france si nos dirigeant ne tiennent pas compte des augmentations enormes que l on rencontres sur les produits de base

  • Marcel, le 13/04/2008 à 12h46

    Il a bon dos le changement climatique !et les biocarburants ? selon un slogan ,les reservoirs des cadillac risquent d'étre remplis avant le ventre des pauvres .

  • DUPONT, le 13/04/2008 à 11h53

    Ce qui est clair, c'est que nous sommes trop nombreux pour les ressources disponibles. Et puis, ces écologistes irresponsables qui nous parlent de bio. Tout fout le camp, nous allons exploser !!!

  • Jean-Paul, le 13/04/2008 à 11h45

    Qui a une solution?.laquelle? je suis attéré de voir que la planéte va mourir de faim et nous, nous nous préoccupons de faire rouler nos voitures: mobiliser des surfaces agricoles, consommer des quantiés colossales d'eau pour produire....des biocarburants !!!

  • Poe, le 13/04/2008 à 11h18

    L'énorme richesse des un et la pauvreté des autres ne sont plus supportable XXI siècles. Des pays qui jettent la nourriture pour des raisons de quotas et d'autres qui meurent car ils n'ont pas le minimum pour vivre. Cela risque de créer une poudrière si l'on ne fait et si les grandes puissances ne lâchent pas du lest. Acculer des hommes et des femmes aux limites du désespoir pourraient être lourd de conséquences. Il serait temps de partager la richesse de la terre équitablement et n'ont pas que cela ne soient que l'apanage des personnes qui sont cités dans la revue Forbe.

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