Christine Lagarde © AbacapressBruxelles et Paris ne sont pas d'accord sur les chiffres de croissance et donc sur les actions à mener. La Commission européenne envisage en effet de lancer une mise en garde à la France en raison du dérapage de son déficit public qui se rapproche dangereusement de la limite autorisée dans l'UE. La situation dans laquelle se trouve la France "est un cas clair pour utiliser les instruments qui sont entre nos mains dans des cas pareils", à savoir l'envoi d'une mise en garde précoce de Bruxelles sur le creusement des déficits, a affirmé le commissaire à l'Economie Joaquin Almunia.
"Dans l'hypothèse qui est la nôtre, à savoir de maintien en l'état des politiques actuelles, le déficit sera de 3% (du PIB) l'année prochaine, c'est à dire que la France se rapproche à nouveau dangereusement de la valeur de référence", à savoir la limite maximale tolérée pour les déficits qui est de 3% du Produit intérieur brut, a-t-il indiqué "N'importe quelle déviation, même minimale, aura comme conséquence un nouveau déficit excessif", a-t-il ajouté. La Commission prévoit que le déficit public français se creuse à 2,9% du Produit intérieur brut cette année (après 2,7% en 2007) puis à 3% en 2009.
"Je ne révise rien du tout"
La réponse de Bercy ne s'est pas faite attendre. En déplacement avec François Fillon en Côte d'Or, Christine Lagarde a lâché à la presse : "Je ne révise rien du tout". "J'accueille ces prévisions avec intérêt et avec un certain scepticisme", a-t-elle dit au sujet des nouvelles projections de la CE. "Je crois qu'ils sont très très pessimistes concernant les perspectives de croissance, en particulier sur 2009 - avec 1,4% ils sont très en dessous du consensus de place". Pour Christine Lagarde, les prévisions actualisées de l'exécutif européen ne tiennent "pas compte du tout" des effets de la loi de modernisation de l'économie, présentée lundi en conseil des ministres, et "très modérément" des efforts de réduction des dépenses publiques dans le cadre de la revue générale des politiques publiques (RGPP).
Paris vise un déficit ramené à 2,5% du PIB en 2008, après 2,7% en 2007, et table sur une nouvelle amélioration à 2,0% en 2009. Pour la croissance, le gouvernement a retenu une prévision de 1,75-2,25% en 2009, soit 2% en milieu de fourchette
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