
La facture de gaz des Français gonfle encore un peu plus, et ce, pour la deuxième fois depuis le début de l'année. Cette hausse tient compte de l'envolée des prix du pétrole. Les tarifs réglementés pratiqués par Gaz de France et fixés par l'Etat augmentent donc aujourd'hui concrètement de 0,264 centime d'euro par kilowattheure en moyenne hors taxes, selon l'arrêté publié mardi au Journal officiel. Pour les particuliers qui se chauffent au gaz naturel, soit 7 millions de clients de GDF sur 11, la facture gonflera environ de quatre euros TTC, soit de 5,5% en moyenne.
La Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui a rendu un avis favorable, "note avec satisfaction que le gouvernement propose de prendre en compte sans délai la hausse des prix des produits pétroliers sur le second semestre 2007, qui se poursuit début 2008". Les tarifs du gaz pour les particuliers avaient déjà augmenté le 1er janvier de 4% en moyenne, mais il s'agissait alors de la première hausse depuis mai 2006. Intervenant en pleine valse des étiquettes - l'inflation a atteint un pic à 3,2% sur un an en mars -, cette deuxième hausse en quatre mois est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour le porte-monnaie des Français. Les tarifs de l'électricité avaient de leur côté augmenté de 1,1% pour les particuliers en août dernier.
Compenser l'augmentation des coûts d'approvisionnement
Alors que la majorité conditionnait une nouvelle augmentation du gaz à l'instauration d'un "tarif social", sur le modèle de celui existant déjà pour l'électricité, le gouvernement a annoncé qu'un décret serait publié "au 1er juillet". Prévu dans la loi sur l'énergie de décembre 2006, il n'a toujours pas vu le jour. Ce dispositif devrait se traduire par le versement d'une somme forfaitaire pouvant aller jusqu'à 100 euros par an aux 750.000 ménages les plus modestes pouvant y prétendre.
Selon le gouvernement, la nouvelle hausse des tarifs du gaz doit compenser l'augmentation des coûts d'approvisionnement que subit GDF, coté en Bourse depuis près de trois ans et qui s'apprête à fusionner avec Suez. Le groupe importe l'essentiel de son gaz par des contrats de long terme, dont les prix sont indexés sur les produits pétroliers. Or les cours du brut caracolent à des sommets.
Le CRE veut plus
Mais pour la CRE, les tarifs auraient dû augmenter encore plus: "étant donné la hausse des prix des produits pétroliers constatée en mars par rapport à février, la hausse des tarifs devrait être supérieure à 0,298 centime d'euro par kwH", juge l'instance. "Adopter une hausse moindre que celle-ci ne peut être justifié par une prévision de baisse des prix des produits pétroliers au cours de l'année", souligne-t-elle, car "le consensus des experts n'anticipe pas une telle baisse".
Concrètement, la loi prévoit que les tarifs réglementés évoluent de façon à couvrir les coûts d'approvisionnement en gaz naturel mais "aucun texte réglementaire ne définit précisément les règles d'établissement" de ces tarifs pour Gaz de France, regrette la CRE. A Bercy, on indique qu'un "travail est en cours" pour la mise en place d'un cadre pérenne d'évolution des tarifs réglementés, afin d'assurer une plus grande visibilité, et que le résultat devrait être connu "d'ici l'été". La CRE demande aussi que les tarifs réglementés "évoluent au 1er juillet pour prendre en compte en particulier le nouveau tarif d'utilisation des réseaux publics de distribution qui devrait entrer en vigueur à cette date".
D'après agence
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