Une HLM de Paris © Tf1Dans son 15e rapport publié lundi, la Fondation Abbé Pierre s'alarme : dix millions de personnes sont affectées de près ou de loin par une crise du logement qui ne cesse de s'aggraver.
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7 milliards d'économies d'ici 2011
L'Etat "consacre aujourd'hui plus de 34 milliards d'euros à la politique publique du logement, ce qui est considérable". Voilà l'introduction du volet "logement " du document résumant le plan d'économies annoncé ce matin par Nicolas Sarkozy. Sur les 166 mesures proposées vendredi par le gouvernement, huit concernent donc ce dossier considérable qui traverse une "crise".
Plutôt qu'un "dépenser moins" qui permettrait à l'Etat de faire des économies, on lit surtout dans ce volet un "dépenser mieux" pour que la politique du logement soit en France plus efficace. Le gouvernement veut ainsi s'attaquer au "barrières à la construction" pour permettre de développer le parc existant et aux cautions exigées pour une location, qui excluent "les plus modestes".
Mais les trois mesures emblématiques annoncées vendredi portent sur le logement social. Il s'agit de l'"abaissement du plafond de ressources" pour avoir droit à un HLM, de la "mise en place d'un relèvement des surloyers" pour les ménages les plus aisés qui les occupent, ou encore de la "rénovation du 1% logement et de sa gouvernance".
L'abaissement du plafond de ressources
Il s'agit en clair de favoriser les ménages les plus modestes pour l'accession au logement social. "La part des ménages français pouvant prétendre à un logement HLM a augmenté de moins de 60% à près de 70% en dix ans. Est-ce bien raisonnable alors que nous nous sommes engagés à loger les personnes les plus en difficulté ?", s'est ainsi demandé ce matin Nicolas Sarkozy, faisant allusion à la mise en place du droit au logement pour tous.
Plus grave pour les ménages pauvres, le taux de rotation au sein du parc de logement sociaux a sans cesse diminué en cinq ans. Cela signifie une diminution de 70 000 attributions de logements sociaux chaque année, faute d'appartements vacants. Dans ces conditions, la file d'attente n'a cessé de s'allonger et ce sont les ménages les plus pauvres qui attendent un logement qui en sont les principales victimes.
Pour y remédier, "les plafonds de ressources pour avoir droit à un logement HLM seront indexés sur l'indice des prix à la consommation et abaissés", annonce le gouvernement. Cette baisse du plafond sera de 10 %. Elle devrait permettre de revenir à 60% de Français éligibles à un logement social afin d'éviter que les plus modestes en soient exclus.
Des surloyers pour les plus riches
Le gouvernement promet d'augmenter considérablement la construction de logements sociaux : reste à la financer. De nouvelles ressources doivent être trouvées pour permettre d'en soutenir la construction. Un loyer progressif, fonction des revenus, sera ainsi étudié en vue d'une expérimentation avec certains organismes HLM. "L'effort des locataires sera mieux proportionné à leur capacité contributive au travers d'une politique de relèvement des surloyers", explique ainsi le gouvernement.
"Il y a des personnes au sein du parc social qui dépassent les plafonds de ressource. N'est-il pas normal qu'elles payent un loyer plus élevé que les autres, pour financer la construction de nouveaux logements sociaux ou y contribuent en accédant à la propriété ?", s'est interrogé le chef de l'Etat pour défendre cette mesure. Ces surloyers existent déjà mais ils devraient donc être étendus.
Le "1% logement au crible"... et les aides
Le dispositif du 1% logement a été récemment la cible de critiques (Voir notre article), le gouvernement veut le réformer. "Les ressources importantes du 1% logement doivent être utilisées à meilleur escient et en cohérence avec les aides publiques, sa gouvernance doit aussi être revue sauf à laisser perdurer une dispersion de moyens et des coûts de gestion très élevés" pointe ainsi le document sans entres dans les détails.
"Ceci permettra de financer les priorités de la politique du logement", ajoute le texte qui n'évoque donc pas d'économies mais plutôt le financement de futures réformes. "D'autres évolutions en matière de logement sont à l'étude et pourront être annoncées lors du prochain Conseil de modernisation. Elles s'ajouteront à celles-ci et contribueront à la loi en faveur du logement en cours de préparation", renchérit le gouvernement.
S'il existe un vivier d'économies côté logement pour limiter les déficits, rien n'est pour l'instant chiffré. Le gouvernement annonce en tout cas vouloir vérifier "que les aides bénéficient à ceux qui en ont le plus besoin". Sachant que "quatre ménages sur dix touchent aujourd'hui une aide personnelle au logement", le sujet s'annonce brûlant. Trop pour lancer une réforme pour le moment?
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