Jean-Christophe Cambadélis invité de LCI le 28 août 2006 © LCIRigueur ou pas rigueur ? Le match droite/gauche continue après l'annonce vendredi par Nicolas Sarkozy de mesures d'économies dans le cadre de la modernisation des politiques publiques (lire l'article). Le député PS, Jean-Christophe Cambadélis estime qu'elles font entrer la France dans "l'austérité rampante". "Le premier volet de l'austérité touche tous les aspects de la vie quotidienne des Français" et "a pour but de faire patienter nos partenaires européens", a estimé le député de Paris. Selon lui, "le gouvernement Fillon, confronté à la baisse de la croissance et aux cadeaux fiscaux, devra trouver de nouveaux prélèvements tout en faisant supporter aux collectivités locales une part de ses erreurs".
Pour Michel Sapin, Nicolas Sarkozy a dissimulé les décisions négatives pour les Français sous "les beaux habits de la réforme" lors du conseil de modernisation des politiques publiques (voir la vidéo). "Il y aura sept milliards d'annulation de crédits dès cette année et pour le reste il faut trouver dix milliards d'économies supplémentaires", a affirmé sur LCI le secrétaire national du PS chargé de l'économie. Du côté du Parti communiste, on estime que Nicolas Sarkozy se conduit en "Père la rigueur" et que les mesures qu'il a annoncées tiennent en un mot : la "rigueur".
"Changer de vocabulaire"
Pour Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, "Les mesures annoncées par le président de la République se caractérisent par un contenu très flou", "s'ajoutant à l'absurdité du paquet fiscal dont le principe n'est d'ailleurs pas remis en cause, (leur) faiblesse accroît chez les Français le sentiment d'une gouvernance impuissante et incapable de s'adapter aux réalités actuelles". Le maire de Paris souligne "l'absence de chiffrage à ce stade et d'estimation des économies envisagées par poste". En matière de logement, "les orientations évoquées ce matin risquent surtout de remettre en cause l'objectif de mixité sociale en privilégiant l'assimilation des immeubles HLM à des lieux destinés exclusivement aux familles les plus défavorisées".
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a estimé que "les annonces de Nicolas Sarkozy marquent un affaiblissement de l'Etat, inefficace et injuste. La réforme la plus efficace, la plus rapide, la plus juste, c'est l'abandon du paquet fiscal qui a renforcé les privilèges de quelques-uns et que tous les Français doivent payer aujourd'hui. Le paquet fiscal représente une dépense inutile de 75 milliards d'euros sur cinq ans." Et Benoît Hamon, député socialiste européen, s'est demandé "jusqu'à quand les Français devront-ils payer le cadeau fiscal de 15 milliards d'euros fait par le gouvernement aux plus riches l'été dernier ? Alors que le chef de l'Etat estime pouvoir économiser 9 Mds d'euros avec ses mesures, il continue en réalité de financer les cadeaux fiscaux qu'il s'apprête à maintenir dans le budget 2009 (...) C'est proprement honteux".
A droite, on se défend toujours de parler de rigueur. Le ministre du Budget Eric Woerth a de nouveau réfuté vendredi l'existence d'un "plan de rigueur", estimant que la gauche "devrait commencer à changer son vocabulaire". "L'opposition devrait commencer à changer son vocabulaire, elle devrait ouvrir un dictionnaire et regarder s'il n'y a pas d'autre mot, parce que ça ne veut rien dire", a-t-il déclaré à la presse, après le discours du président Nicolas Sarkozy sur la réforme de l'Etat.
(D'après agence)
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