© AFP/Pierre AndrieuAprès l'annonce, vendredi par le président Nicolas Sarkozy, d'un plan d'économies de sept milliards d'euros d'ici 2011, Eric Woerth prévient : ce n'est qu'un début. Dans une interview à paraître dans le Journal du Dimanche, le ministre du Budget assure en effet que l'"effort de rationalisation de l'Etat va s'accentuer et qu'une nouvelle salve de réformes sera annoncée d'ici l'été pour économiser cinq milliards d'euros supplémentaires.
Pour Eric Woerth, cet effort est "indispensable" pour attendre l'objectif de limiter la progression des dépenses de l'Etat à l'inflation. "L'Etat doit faire face à l'augmentation des charges de la dette et à celle des pensions. Pour tenir la dépense, nous devons économiser 10 milliards d'euros en 2009, cinq milliards pour l'Etat et autant pour la Sécurité sociale", détaille-t-il. "Si nous tenons ce cap, nous parviendrons à équilibrer nos comptes publics en 2012."
"La rigueur, c'est augmenter les impôts"
Le ministre du Budget et des Comptes publics réfute toutefois le terme de rigueur. "La rigueur, c'est augmenter les impôts et tailler dans les dépenses à coup de hache de manière aveugle. Nous faisons exactement le contraire : c'est par des réformes concrètes et précises que nous ferons des économies", explique-t-il en reprenant l'argumentaire de Nicolas Sarkozy vendredi. Le ministre redit également que "chaque ministre devra assumer sa part de l'effort", en particulier en ce qui concerne le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, et que l'Education nationale ne pourra en être dispensée, au grand dam des lycéens qui manifestent contre les suppressions de postes. "Nous ne parviendrons pas à tenir la règle d'un non-remplacement sur deux si l'Education nationale n'y contribue pas", dit-il sans exclure cependant des ajustements en fonction des ministères qui seront arbitrés avant l'été pour l'élaboration du budget.
Par ailleurs, il assure ne pas redouter une fronde des élus locaux, promettant que "le regroupement des services de l'Etat sera mené dans le respect de l'aménagement du territoire", mais ne s'engage pas sur le RSA, le revenu de solidarité active qui est destiné à encourager le retour à l'emploi. "Une expérimentation est en cours, il faut la mener jusqu'au bout", déclare le ministre. "Lorsque la question de la généralisation se posera, il faudra l'examiner avec une logique d'efficacité, une logique humaine et aussi une logique budgétaire." Mardi, le Premier ministre François Fillon avait jugé "coûteux" le projet conçu par Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives.
(D'après agence)
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