Nicolas SArkozy, lors d'un message au chef des farc, le 1er avril 2008, à l'Elysée © TF1-LCIQu'elle estime les 166 mesures annoncées par Nicolas Sarkozy suffisantes ou non pour réduire le déficit budgétaire, la presse revient ce samedi sur le débat sémantique lancé par le président qui clame qu'il s'agit de "réforme" et non de "rigueur". Etienne Mougeotte du Figaro refuse de bouder son plaisir : "Qu'importe le flacon : rigueur, austérité ou diète, pourvu qu'on ait le résultat : l'arrêt des gaspillages", se réjouit le directeur des rédactions du quotidien. Hervé Cannet (La Nouvelle République du Centre-Ouest) connaît "le nouveau slogan élyséen : La réforme, oui, la rigueur, non !" et ironise sur les 166 mesures dont "le détail tient plus de la correction de tir que d'un profond changement de cap". Rigueur : "qui aurait imaginé que ce substantif féminin devienne un jour tabou ?" se demande pour sa part Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
Ils sont plusieurs, tel Laurent Joffrin de Libération, à estimer que "Le plan Sarkozy (...) s'avance masqué" et à croire que "Sarkozy, qui se voyait président du pouvoir d'achat, ne se résoud pas à être celui du tour de vis". D'autres, commme Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées refont les comptes : "En 2007, au lieu d'essayer d'assainir les comptes alors que la conjoncture s'y prêtait beaucoup plus qu'aujourd'hui, le gouvernement a décidé de dépenser près de 14 milliards dans le paquet fiscal", et ne les trouvent pas bons : "les économies annoncées hier par Nicolas Sarkozy se montent à 7 milliards d'euros, rappelons que le paquet fiscal représente une dépense de... 75 milliards d'euros sur cinq ans", calcule-t-il.
"Une rigueur à pas comptés"
Dans La Charente Libre, Dominique Garraud affirme que "Nicolas Sarkozy a ouvert la porte à une rigueur à pas comptés" et pense que le président laissera le soin "à François Fillon et à Christine Lagarde de présenter la note exacte d'une rigueur qui ne veut pas dire son nom". Enfin dans L'Alsace, Jérôme Arnoux fait appel à La Fontaine et raconte que "Sarkozy la cigale a donc fait sa mue pour tenter d'entrer dans le costume de Sarkozy la fourmi" et de signaler que "la fourmi Sarkozy, donc, a entrepris hier de reconstituer des réserves bien entamées par son passé de cigale - et notamment par le trou annuel de 15 milliards qu'a creusé le paquet fiscal, sans produire le choc de croissance espéré".
Une opinion partagée par Frank De Bondt de Sud-Ouest qui croit que "le jour où le chef de l'Etat a admis que les caisses étaient vides - après avoir participé du reste à leur écumage par la distribution de cadeaux fiscaux superflus -, il se condamnait à devoir assumer une forme quelconque de rigueur". Nombreux, au final, sont ceux qui pensent que les 166 mesures ne seront pas suffisantes et à croire que "la potion amère a été préférée à la purge", comme l'écrit Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.
D'après agence
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