Le scénario catastrophe de l'Onu

le 13 avril 2008 à 11h09 , mis à jour le 13 avril 2008 à 17h49

Les dirigeants d'institutions internationales multiplient les mises en garde. Après la zone Afrique-Caraïbes, les troubles pourraient atteindre l'Asie.

TF1-LCI © TF1-LCI

C'est un "mémo" de neuf pages du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) qui en dit plus que beaucoup de longs rapports. Révélée ce week-end par Le Monde, cette note interne de l'Onu se montre particulièrement alarmiste sur l'évolution de la problématique de l'alimentation au niveau mondial. Face à une crise qui s'aggrave dans les pays en développement et à des émeutes qui pourraient bientôt toucher l'Asie, ce texte pointe les effets de la hausse des prix alimentaires, qui pourrait être non pas passagère mais "structurelle", et plonger durablement dans l'"insécurité alimentaire" des millions de personnes. Cette note prône des "plans d'urgence spécifiques pour répondre aux besoins des populations urbaines", peu concernées par ce problème jusqu'alors, et souligne : "Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l'ensemble du système d'aide alimentaire d'urgence soit incapable de faire face".

Le problème est posé. Tout aussi alarmiste, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déjà lancé un cri d'alarme : la famine menace des centaines de milliers de personnes. Et face à des besoins qui s'accroissent, les organisations internationales d'aide humanitaire sont de plus en plus démunies, puisqu'elles pâtissent elles aussi de la flambée des prix des denrées énergétiques et alimentaires, qui ponctionnent d'une double manière leur budget : en augmentant mécaniquement les dépenses, et en diminuant les dons en nature.

Des changements radicaux en perspective au PAM

En première ligne de cette crise qui se profile dans l'aide alimentaire d'urgence : le "grenier des Nations unies", le Programme alimentaire mondial (PAM), présent dans 78 pays où il nourrit 73 millions de personnes. "Nous distribuons quatre millions de tonnes de vivres par an, l'augmentation de 55% du coût des produits alimentaires depuis juin 2007 a donc un impact énorme sur nos opérations", explique Christiane Berthiaume, porte-parole du PAM à Genève. A ce problème de prix s'ajoutent des difficultés inédites : "il est devenu très difficile de trouver la nourriture", commente Nicole Ménage, chef du service des achats alimentaires du PAM à Rome. "Beaucoup de pays ont mis en place des mesures limitant leurs exportations d'aliments, en Asie, en Afrique et en Amérique latine". Fin mars, l'organisation a lancé un appel pour obtenir 500 millions de dollars (325 millions euros) supplémentaires afin de couvrir le surcroît de ses dépenses.

Pour les experts, la hausse des prix alimentaires va inciter le PAM à modifier plus profondément son fonctionnement et l'origine de ses achats. Sur les quatre millions de tonnes de nourriture qu'il distribue par année, le PAM se procure deux millions de tonnes sur les marchés proches de ses opérations, deux autres millions étant fournis par les pays donateurs. Les Etats-Unis offrent ainsi la grande majorité de leur aide en nature, ce qui leur permet d'écouler leurs excédents alimentaires et parallèlement de maintenir les subventions à leurs agriculteurs, relèvent des analystes comme Mickey Chopra, directeur de l'unité de recherche des systèmes de santé au Medical research Council du Cap (Afrique du sud). De même, l'aide financière offerte au PAM par le Japon ou le Canada est accompagnée d'une exigence : l'argent doit servir à acquérir, auprès des agriculteurs japonais ou canadiens, les produits dont l'organisation a besoin.

Or, "les excédents agricoles que les Etats-Unis donnent au PAM ont contribué dans un premier temps à une baisse des prix des produits alimentaires en Afrique, et donc à un désinvestissement dans le secteur agricole de ces pays", une des causes de l'actuelle pénurie, note Mickey Chopra. Pour ce scientifique, "le PAM devra à terme investir davantage dans la production alimentaire locale en Afrique et développer l'assistance technique".

La Banque Mondiale débloque 10 millions de dollars pour Haïti

La Banque mondiale a annoncé dimanche qu'elle allait octroyer une aide de 10 millions de dollars à la République d'Haïti pour aider le gouvernement à répondre à la crise alimentaire, qui a généré de violentes émeutes ces derniers jours. "En Haïti, le prix du riz, du maïs, des haricots, de l'huile de cuisson et d'autres denrées alimentaires de base ont augmenté significativement ces derniers mois", précise un communiqué. "Avec cette nouvelle aide de 10 millions de dollars, la Banque mondiale va soutenir les efforts du gouvernement pour augmenter rapidement les programmes de minimas sociaux, y compris les repas dans les écoles, tout en poursuivant des mesures de long terme pour créer des emplois", a commenté Yvonne Tsikata, directrice de la région Caraïbes à la Banque Mondiale.

D'après agence

le 13 avril 2008 à 11:09
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23 Commentaires

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  • Thierry, le 14/04/2008 à 10h07

    Ce scénario n'est en rien catastrophique. Il n'est en fait que le bout de l'iceberg que l'on voit et qui cache le pire. Comme l'a dit Miss, il est temps avant tout de se poser le problème de la population et non pas d'offrir la contraception mais de réguler et réglementer les naissances. Celà parait peut être extrême, mais la Terre n'a pas les capacités de nourrir un nombre illimité d'êtres humains. Nous sommes 6 milliards, bientot 9 aux alentours de 2020 et 12 vers 2050. Il est temps de régir où ce seront des guerres qui apparâitront sur toute la planête.

  • Tof, le 14/04/2008 à 10h01

    C'est clair que les crises alimentaires ne font que commencer et que les pays développer vont de moins en moins donner car eux aussi ont des problèmes économique, il va vraiment falloir commencer a réguler la population mondial car on sais bien que l'on est au maximum de la capacité de production de nourriture, ou sa sera un désastre et a cour terme, je pense meme que sa commence déja!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Clément, le 14/04/2008 à 09h59

    Je pense que Miss a raison, la solution du probleme residerait plutot dans un control des naissances sérieux...

  • Xav 14, le 14/04/2008 à 06h12

    En france aussi ça va arriver vu les salaires de misere

  • Alain, le 13/04/2008 à 22h33

    Et çà dure depuis combien de décennies cette misère? C'est peut être le "Paquet Fiscal" qui va améliorer les conditions de vie journalières de ces peuples; heureusement nous comptons plus sur le Bénévolat que sur la Politique pour améliorer ces problèmes Humains.

  • Hollande, le 13/04/2008 à 21h37

    Merci aux pays producteurs de petrole de provoquer (certe indirectement) la famine de leur pays voisin

  • Cathy, le 13/04/2008 à 21h22

    A l'intention de Miss de Montréal,que ta candeur est grande tout comme ton manque de discernement. Voilà bien la réaction d'une occidentale pure souche dans toute sa splendeur:ya qu'à,faut qu'on,si les solutions étaient si simples celà se saurait. Je te rappelle que tu parles d' êtres humains.Et oui, ces personnes ont une religion qui n'est pas la tienne, et non, ils n'utiliseront pas ta contraception d'occidentale car il faut savoir et comprendre pour celà ce qui n'est pas possible pour beaucoup!!Quant aux gynécos qui poseraient les stérilets avec les mesures d'asepsie adéquates,n'en parlons pas. Il faudrait pour celà un solide réseau de personnes vouées qu'à cette cause et franchement,je n'ai pas l'impression que le monde s'en soucie,les droits de l'homme ne sont pas défendus avec la même énergie pour tous les continents. Ouvres les yeux, miss, et un peu ton coeur aussi,celà pourrait te faire du bien.

  • Bernard, le 13/04/2008 à 20h48

    Miss, de Montréal, tu as le courage de dire ce qu'il faut dire. D'autres l'ont dit, avant toi, depuis un demi siècle. Mais ce n'était pas politiquement correct. Ca va peut-être le devenir enfin.

  • Patrick, le 13/04/2008 à 19h00

    Du pognon pour le sport, il y en a a gogo, pour résoudre la famine très peu

  • Mik, le 13/04/2008 à 18h39

    Pourquoi ça monte? Le phénomène de l'offre et la demande,Les céréalier préfèrent aujourd'hui produisent de l'essence vert puisqu'ils reçoivent un maximum de subventions,plutôt que des céréales. Merci les écolos ,après avoir rejetés les OGM ,maintenant ils contribuent un peu plus à affamés le monde.... ( lire l avis du PDG de Neslé sur le sujet)

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