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| Paul Roll |
LCI.fr : On vient d'appendre un boycott de la France comme destination touristique par les tour-opérateurs chinois, apparemment à la demande de la ville de Pékin (Paris cherche à vérifier cette information). Quel impact redoutez-vous pour le tourisme à Paris ?
Paul Roll, directeur général de l'office du tourisme de Paris : Nous attendions 600.000 chinois en France cette année, il y en aura peut-être quelques dizaines de milliers en moins. Un boycott est toujours désagréable surtout quand il prend une forme rampante comme celui là : je ne peux pas croire que la ville de Pékin l'a décidé seule. Il faut aussi relativiser. Paris est la destination de voyage la plus "désirée" par les Chinois, elle constitue une étape impérative, un passage obligé de tout voyage en Europe pour les Asiatiques.
LCI.fr : Et sur le plan financier ?
P. R. : L'impact économique sera peu important car ce sont des voyages très bien négociés. Les Chinois logent le plus souvent dans des hôtels de banlieue ou ils dépensent en moyenne 22 euros par nuit, petit déjeuner inclus. Leurs repas sont aussi à prix très réduits, huit euros en moyenne, et les bus qu'ils utilisent ne sont pas français. Ils réalisent l'essentiel de leurs dépenses dans les grand magasins ou les cabarets parisiens comme le Moulin Rouge et le Lido.
LCI.fr : 2008 s'annonçait comme une belle année pour le tourisme chinois en France...
P. R. : Sur la tendance, c'est vrai, mais il y a une règle dans le tourisme : tout pays qui organise un grand évènement chez lui observe une baisse des voyages de ses ressortissants. Cela s'est vérifié pour la France lors de la coupe du monde 1998 et cela se vérifiera avec les Jeux de Pékin.
LCI.fr : Le nombre de touristes chinois va-t-il se réduire immédiatement ?
P. R. : Non, car ce sont des voyages longs à organiser. Il est déjà assez compliqué de voyager quand vous êtes chinois. Les délais pour avoir un visa sont longs et c'est encore plus difficile pour les visas de groupe qui représentent l'essentiel des voyages en France.
LCI.fr : Vous attendez-vous à un boycott durable?
P. R. : Je n'ai pas d'inquiétude particulière pour le long terme : des différends diplomatiques bien plus graves se sont réglés très rapidement sur le plan touristique. Mais, bien sûr, si cela venait à durer, la blessure serait plus profonde.
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