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La divine surprise

Par Olivier LEVARD avec agences, le 15 mai 2008 à 11h22, mis à jour le 15 mai 2008 à 15:36

Tranchant avec la sinistrose ambiante, les chiffres de la croissance sont revus à la hausse par l'Insee, ce qui ravit la ministre de l'Economie et l'Elysée.

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Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des FinancesChristine Lagarde le 26 mars 2008 © DR

La sinistrose n'est-elle que dans les têtes? Les bons chiffres de la croissance française révélés jeudi par l'Insee abondent en tout cas dans ce sens.  Le produit intérieur brut (PIB) de la France a nettement accéléré au premier trimestre 2008, progressant de 0,6% après 0,3% au dernier trimestre 2007. L'institut national de la statistique a par ailleurs revu à la hausse la croissance pour 2007 à 2,1%, après une précédente estimation à 1,9%. L'acquis de croissance, c'est-à-dire le niveau de croissance dont on est sûr qu'il sera atteint sauf récession à venir, s'établit donc à 1,4% à la fin mars 2008.
 
Le gouvernement tablait pour 2007 sur une croissance comprise entre 2% et 2,5%. "Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit et qui jubile", a dit Christine Lagarde. "On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit nous ferons au moins 2%", "on sort à 2,2% : c'est plus que la fourchette basse de nos prévisions", a constaté une Christine Lagarde revancharde. "On a eu un bon investissement des entreprises et une bonne contribution des exportations, qui prennent un peu le relais de la consommation, plutôt faible au premier trimestre 2008", a-t-elle estimé.

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud (PS), a pour sa part estimé en écho aux propos de Christine Lagarde qu'il n'y avait "aucune raison de jubiler" sur la croissance française 2007, qui reste "très sensiblement inférieure à celle de la zone euro et de l'UE".
 
"Les remèdes sont confortés"
 
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat".  "Les résultats de 2007 comme les estimations pour le premier trimestre 2008 sont conformes aux prévisions du gouvernement en dépit d'un contexte international difficile", relève le chef de l'Etat. "Le diagnostic posé sur la situation de notre pays et les remèdes à y apporter sont confortés", estime-t-il.

Dans la même veine, François Fillon a saisi l'occasion pour valider la politique de son gouvernement. "C'est une très, très bonne nouvelle" et "j'invite tous ceux qui pendant six mois nous ont expliqué que la croissance française serait bien inférieure à réfléchir à deux fois avant de faire de nouvelles prévisions", a lancé le Premier ministre devant la presse sur le perron de Matignon. "Les chiffres de la croissance montrent que l'économie française, dans un climat international très difficile, résiste très bien".

"Bonne surprise"
 
L'enthousiasme a aussi gagné le ministre du Budget Eric Woerth qui estime que les chiffres annoncés sont une "bonne surprise", et affirme que la prévision de croissance du gouvernement pour 2008 est "crédibilisée".  "La croissance en France tient plutôt bien. Sur la moyenne des pays européens nous avons réduit l'écart", a-t-il déclaré sur iTélé. L'économie allemande a  en effet affiché de son côté une robustesse surprenante début 2008, son PIB ayant progressé de 1,5% au premier trimestre. 
 
Cerise sur le gâteau, cette révision à la hausse de la croissance permet à la France de réduire sa dette publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) à 63,9% du PIB en 2007, contre 64,2% précédemment. A 50,3 milliards d'euros, le déficit public pour 2007 reste quant à lui à 2,7% du PIB, en-deçà du seuil de 3% prévu dans le pacte de stabilité de l'Union européenne.

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Christine Lagarde s'y attendait

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L'analyse d'Eric Revel 

En Allemagne, un "miracle"

L'économie allemande a tenu tête à la crise financière et à l'euro fort au premier trimestre en affichant une insolente croissance de 1,5%, du jamais vu depuis douze ans. Les économistes en avaient le souffle coupé jeudi. "La crise ?, quelle crise?", s'interrogeait Jörg Krämer, chef économiste de la Commerzbank. "L'Allemagne est-elle dans une phase de nouveau miracle économique ? A première vue, la performance a l'air en effet miraculeuse", renchérit Holger Schmieding, chef économiste pour l'Europe de la Bank of America. "Ce début d'année faramineux est lié (...) à une forte augmentation des investissements dans le bâtiment qui a profité d'un hiver très doux", souligne Jörg Lüschow, analyste à la WestLB. De nombreux économistes estiment désormais une croissance de 2%, voire supérieure à 2%, possible cette année. La Commerzbank a révisé jeudi son estimation de 1,8% à 2,4%.  

Par Olivier LEVARD avec agences le 15 mai 2008 à 11:22
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