Christine Lagarde au Grand Jury le 27 avril 2008 © LCILa question n'est plus de savoir si les chiffres du chômage seront à la baisse ce jeudi soir, mais de combien. Enchanté par la dynamique de l'emploi dans le marasme économique ambiant, le gouvernement semble avoir bien du mal à tenir sa langue.
Jeudi matin sur France Inter Christine Lagarde a suggéré que les chiffres qui ne doivent être théoriquement rendus publics que jeudi soir seront bons. "Je suis tellement fatiguée de vous entendre dire tout le temps : ça baisse, ça diminue, le moral est bas, que je voudrais juste vous faire un petit plaisir ce matin et vous rappeler que (...) le chômage baisse, qu'il n'a jamais été aussi bas que (depuis) 1983", s'est-elle justifiée. Le nombre de chômeurs inscrits fin avril à l'ANPE sera "très probablement bon ce soir, ça vous fait une deuxième bonne nouvelle", a conclut la ministre de l'Economie.
La nouvelle est attendue avec d'autant plus de plaisir que, fin mars, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1 avait augmenté de 0,4%, comparé à février (+ 8.200 personnes), pour atteindre 1,905 million, soit 6,5% de moins qu'un an auparavant.
"Le chômage va continuer de baisser"
Nicolas Sarkozy, qui sait bien qu'il aura du mal à tenir ses promesses aux Français en termes de pouvoir d'achat, a aussi repris le flambeau de l'emploi. Le chef de l'Etat qui souhaite que le gouvernement communique davantage sur ses bons chiffres a suivi son propre conseil. Il a affirmé mardi que son "travail, c'est le plein emploi, pas de gérer le chômage", lors de sa visite au marché international de Rungis (Val-de-Marne) en compagnie de son épouse.
Lui aussi n'a pas hésité à suggérer que les prochains chiffres suivront la tendance de ces derniers mois. "Le chômage va continuer de baisser. On est à 7,5%", s'est réjoui le chef de l'Etat. Il a aussi de nouveau vanté "la réforme que nous allons faire sur les chômeurs". "Il faut indemniser ceux qui n'ont pas d'emploi mais ceux qui n'ont pas d'emploi doivent accepter l'emploi qu'on leur propose, ou alors c'est injuste à l'endroit de celui qui travaille", a-t-il dit.
"Je comprends les attentes, je suis le réceptacle de toutes ces attentes. J'espère que vous voyez qu'on est en train de faire bouger la France, de faire changer la France pour que chacun ait un emploi", a poursuivi Nicolas Sarkozy. Et l'emploi que tout le monde revendique au gouvernement, c'est celui d'avoir le droit d'annoncer les bons chiffres de ce soir.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




