Nicolas Sarkozy le 16 mai 2008 © LCIPour une nouvelle, c'était une bonne nouvelle. Fort des bons chiffres de la croissance pour 2007, Nicolas Sarkozy s'est employé vendredi à contrer tout à la fois la morosité ambiante et ses détracteurs en défendant des choix économiques qui vont "dans le bon sens"."Je le dis à tous ceux qui m'expliquaient que tout était foutu et qu'on serait à moins de 2%", a renchéri le président lors d'un discours à Melun, en présence de Christine Lagarde (Economie), Laurent Wauquiez (Emploi) et de Jean-François Copé, député-maire de Meaux et président du groupe UMP à l'Assemblée.
En déplacement en Seine-et-Marne sur le thème de la politique de l'emploi, le chef de l'Etat n'a pas hésité à s'adresser aussi à la Commission européenne pour lui demander d'épargner la France dans ses mises en garde. "Je dis simplement à Bruxelles : regardez vos chiffres. Si l'Insee [les] a revu à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres, mais je ne veux pas polémiquer", a-t-il dit à des journalistes, avant une visite des Assedic et de l'ANPE de Dammarie-les-Lys. La croissance du PIB français s'est établie à 2,2% en 2007, au lieu des 1,9% initialement annoncés par l'Insee, et à 0,64% au premier trimestre 2008. Bruxelles s'apprête à adresser une mise en garde à Paris sur le dérapage de ses déficits publics, qui, selon ses prévisions, frôleraient la limite des 3% en 2008 pour l'atteindre en 2009.
Deuxième salve
"2,2%, je ne m'en satisfais pas, il n'y a pas de quoi faire de l'autosatisfaction, mais enfin, tous ceux qui à longueur d'articles et de commentaires expliquaient que rien n'était possible, j'envoie ce chiffre", a tempéré Nicolas Sarkozy avant de tirer une nouvelle salve sur les conjoncturistes, rebaptisés "les sachants". "Dans un contexte où on a trop souvent tendance à tout peindre en noir, il n'est pas inutile de rappeler ces chiffres", a-t-il insisté, au lendemain d'une première série de satisfecits de l'exécutif.
Citant en outre les bons chiffres de l'emploi - "2007 a été l'une des cinq meilleures années depuis 1974" -, Nicolas Sarkozy a marqué sa volonté de "persévérer". "On va aller chercher cette croissance qui nous manque. (...) Il faut travailler d'arrache-pied". Ainsi a-t-il prévenu dans son discours qu'il "ne céderait pas" sur la loi de modernisation de l'économie, la fameusel LME qui suscite des tiraillements dans une majorité aux velléités frondeuses.
| Heures sup' : Berlusconi aussi |
C'est une politique économique "à la Sarkozy". Pour relancer la croissance en Italie, Silvio Berlusconi a promis d'encourager les heures supplémentaires et de supprimer l'impôt sur la résidence principale. A la manière du président français, le cavaliere va donc lancer une défiscalisation "expérimentale" des heures supplémentaires. L'expérimentation devrait durer 6 mois de juin à décembre. "Ces mesures auront essentiellement un impact psychologique, sur le moral de ménages qui ressentent fortement les hausses de prix de l'alimentation et de l'essence", souligne l'économiste Paolo Mameli. "Le gouvernement va agir avec prudence car les rentrées fiscales, bien qu'encore bonnes, montrent de premiers signes de ralentissement". Le coût des deux mesures envisagées est estimé par les économistes entre 3 et 4 milliards d'euros. |
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