Image d'archives © TF1Alors que la grogne des pêcheurs contre la hausse des prix des carburants a gagné les agriculteurs et les routiers (lire notre article), et pas seulement en France, alors que les ménages font leurs fonds de poches pour faire le plein, alors que les gouvernements semblent impuissants, transporteurs aériens et fabricants automobiles tirent à leur tour la sonnette d'alarme. Eux aussi constatent une baisse de leurs activités. Le président du groupe automobile Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a estimé jeudi sur Europe 1 qu'une "grande partie de la récession" du marché automobile aux Etats-Unis, au Japon et en Europe de l'Ouest était "provoquée" par la hausse du baril (128,94 dollars le baril ce mercredi) et la volatilité des matières premières.
Ce phénomène "va aider l'automobile à se transformer", a-t-il toutefois prédit, en citant des innovations comme les voitures électriques ou à pile à combustible, ainsi que le développement de la connectivité entre les véhicules. "En France, à partir de 2010, vous allez commencer à voir des voitures électriques" qui seront "fiables et modernes", a-t-il dit.
Répercuter une partie sur les passagers
Côté aérien, la hausse du carburant et le ralentissement économique ralentissent le trafic aérien international, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA). Depuis le début de l'année, il a augmenté de 3% en avril contre une croissance de 5,4% en avril 2007 et de 5,6% au cours des quatre premiers mois de l'année contre 6,7% durant la même période de l'an passé, indique l'IATA, qui parle d'un ralentissement particulièrement sensible en Europe, où le trafic de passagers n'a augmenté que de 3,8% depuis le début de l'année contre 6% lors de la même période de 2007.
Pour Iberia, le pétrole crée même une situation "dramatique" pour le transport aérien. Pour la première compagnie aérienne espagnole, qui se prépare à vivre une année 2008 "pas facile", "c'est la première fois dans le secteur que nous voyons une augmentation de coût aussi significative couplée avec une décélération économique globale". Elle prévient qu'elle va devoir répercuter une partie de la hausse des prix des carburants sur les voyageurs, à un niveau qui "dépendra de ce que le marché peut supporter sans que la demande s'en ressente".
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