© TF1-LCIAlors que le baril a littéralement explosé vendredi - il a connu sa hausse la plus importante en une séance, avec un bond de 10,75 dollars, atteignant le prix record de 138,54 dollars : lire notre article-, les Etats-Unis et les quatre plus grandes puissances économiques asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud et Inde) se sont dits samedi, au lendemain de cette explosion, "très inquiets". Ces cinq pays consomment à eux seuls la moitié de l'énergie mondiale. Ils ont appelé à éliminer "progressivement" les subventions sur les carburants. Mais l'Inde et la Chine ont annoncé qu'elles ne pouvaient pas s'engager sur un calendrier.
Attention, il ne s'agit pas là d'un accord des 5 puissances pour supprimer les subventions, mais d'un appel : "Nous ne sommes pas encore en position pour passer à un système de prix totalement fixés par le marché. A long terme, je pense que chaque pays devra établir son propre calendrier", a ainsi expliqué l'ambassadeur de l'Inde à Tokyo.
Les subventions "doivent être remplacées, partout où c'est possible, par des politiques mieux ciblées en faveur de certains bénéficiaires", ajoute le texte adopté à l'issue d'une réunion à Aomori, au nord du Japon. Les pays en développement ont tendance à largement subventionner les prix des carburants afin d'alléger le fardeau des plus pauvres. Les représentants de la Chine et de l'Inde, qui recourent aux subventions, ont toutefois souligné qu'il n'était pas question de réformer ce système dans l'immédiat. Le gouvernement indien a déjà été contraint mercredi d'augmenter les prix des carburants face à la flambée des cours du pétrole, entraînant une vague de manifestations.
Au niveau européen, "une question de semaines"
Confronté à la multiplication des actions en Europe, le commissaire européen à la pêche, Joe Borg, a de son côté promis d'aider "d'ici quelques semaines" les pêcheurs mis en difficulté par la hausse des prix des carburants, samedi lors d'une visite dans le port de Scheveningen, près de La Haye. Reconnaissant les difficultés du secteur de la pêche, il a expliqué avoir donné instruction à son administration de faire des suggestions sur une aide à court terme.
"J'aurai le document mercredi. J'en discuterai alors avec certains de mes collègues, afin d'avoir leur opinion sur ce qu'il est possible de faire (...) et j'espère que durant le semaine suivante, je pourrai finaliser cela et le présenter à l'approbation" de la Commission, a-t-il déclaré. "C'est une question de semaines et non de mois", a-t-il souligné. Une fois approuvées, les suggestions applicables par la Commission pourraient être mises en oeuvre "immédiatement". "Les plans qui ont besoin de l'aval du Conseil et du Parlement européen auront à suivre tout le trajet d'approbation, ce qui pourrait prendre des mois", a poursuivi le commissaire européen.
L'Espagne, la France, l'Italie et le Portugal ont demandé vendredi à l'Union européenne des mesures urgentes pour enrayer la crise latente provoquée par la hausse des prix des carburants dans le secteur de la pêche. La hausse rapide des prix des carburants à entraîné celle des prix du gazole marin de près de 30% depuis le début de l'année, ce qui a poussé certains propriétaires de chalutiers à tirer la sonnette d'alarme, affirmant que sans subsides, ils vont à la faillite. Depuis la semaine dernière, les pêcheurs européens organisent des grèves et des actions de protestation.
Toujours des actions locales en France
Et en France, les actions continuent. En attendant la mise en œuvre de la menace des routiers de passer à un mouvement national, les agriculteurs sont sur le pont. Une trentaine d'agriculteurs ont organisé samedi une opération "péage gratuit" aux accès du pont de l'île de Ré. Une cinquantaine d'agriculteurs selon la police, une centaine selon les organisateurs, ont manifesté notamment en bloquant les cinq stations-service de Montbrison (Loire).
Une centaine de personnes, selon la police, près de 150 selon la CGT, ont manifesté samedi matin dans le centre de Roanne. Une soixantaine d'agriculteurs, selon les organisateurs, un quarantaine selon la gendarmerie, ont manifesté au col du Fau, près de Monestier de Clermont (Isère) à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. Enfin, une dizaine de tracteurs ont provoqué des bouchons en circulant au pas dans le centre-ville de Cahors (Lot) samedi après-midi.
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