© TF1-LCIC'est du jamais vu, de l'inédit : les cours du brut ont bondi vendredi de 10,75 dollars en une seule séance. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet a encore pulvérisé les records, tout au long de la journée : 137, 138 et même 139,01 dollars, avant de clôturer à 138,54 dollars à New York.
A Londres, sur l'Intercontinental Exchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord, également pour échéance en juillet, a lui grimpé jusqu'à 138,12 dollars. Vers 18h45 GMT, le "light sweet crude" avançait encore de 10,64 dollars à 138,43 dollars et le Brent de 9,86 dollars à 137,40 dollars.
La faiblesse du billet vert n'a fait qu'accentuer la tendance. Les cours de l'or noir se sont envolés d'environ 17 dollars jeudi et vendredi, le marché réagissant avec une nervosité extrême à une retombée du dollar, à plus de 1,57 dollar pour un euro. Le Dow Jones a plongé à la clôture de 3,13% et le Nasdaq de 2,96%. Il s'agit de la plus forte baisse de l'indice Dow Jones depuis février 2007. Un peu plus tôt, le CAC avait cédé 2,28 %.
L'appel des 5 plus gros consommateurs d'énergie
Les Etats-Unis et les quatre plus grandes puissances économiques asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud et Inde) se sont dits samedi, au lendemain de cette explosion, "très inquiets". Ces cinq pays consomment à eux seuls la moitié de l'énergie mondiale. Ils ont appelé à éliminer "progressivement" les subventions sur les carburants. Mais l'Inde et la Chine ont annoncé qu'elles ne pouvaient pas s'engager sur un calendrier.
Attention, il ne s'agit pas là d'un accord des 5 puissances pour supprimer les subventions, mais d'un appel : "Nous ne sommes pas encore en position pour passer à un système de prix totalement fixés par le marché. A long terme, je pense que chaque pays devra établir son propre calendrier", a ainsi expliqué l'ambassadeur de l'Inde à Tokyo.
Les subventions "doivent être remplacées, partout où c'est possible, par des politiques mieux ciblées en faveur de certains bénéficiaires", ajoute le texte adopté à l'issue d'une réunion à Aomori, au nord du Japon. Les pays en développement ont tendance à largement subventionner les prix des carburants afin d'alléger le fardeau des plus pauvres. Les représentants de la Chine et de l'Inde, qui recourent aux subventions, ont toutefois souligné qu'il n'était pas question de réformer ce système dans l'immédiat. Le gouvernement indien a déjà été contraint mercredi d'augmenter les prix des carburants face à la flambée des cours du pétrole, entraînant une vague de manifestations.
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