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| L'immobilier dans la tourmente |
Inflation au plus haut depuis 1991, pouvoir d'achat en stagnation, consommation atone et retournement du marché immobilier... L'économie française va subir un "net coup de frein" en 2008 avec seulement 1,6% de croissance, selon les dernières prévisions de l'Insee.
Alors que le gouvernement prévoit pour l'instant une croissance comprise entre 1,7% et 2,0% cette année, l'Institut national de la statistique estime qu'après une hausse inattendue de 0,6% au premier trimestre, le PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, ne progresserait plus que de 0,2% au deuxième. Il stagnerait ensuite (+0,0%) au troisième, avant de rebondir faiblement (+0,2%) les trois derniers mois de l'année. Un niveau médiocre et de mauvais augure pour la croissance en 2009, que le gouvernement annonce pourtant en légère accélération (entre 1,75% et 2,25%).
La faute à qui ?
La principale responsable est l'inflation, attisée par la hausse des prix du pétrole et produits alimentaires, qui devrait rester supérieure à 3% une bonne partie de l'année avec un pic à 3,6% en juillet. Elle devrait ensuite progressivement s'assagir et atteindre 3,2% en 2008 (dont environ 1,2 point lié au prix de l'énergie et 1 point lié aux prix alimentaires), à condition que le baril de pétrole se maintienne autour de 130 dollars. Dans ses dernières prévisions publiques, le gouvernement français prévoit de son côté une inflation moyenne de 2,2%. Mais avec un baril de Brent à 100 dollars.
"Ces prévisions me paraissent exagérément pessimistes surtout si je compare avec d'autres prévisions d'autres organismes comme le Fonds monétaire international ou l'OCDE ou nos propres prévisions", dont aucune n'est inférieure à 1,7%, a déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde, interrogée sur France Info. A son tour, François Fillon a jugé la prévision de l'Insee "comme d'habitude, extrêmement pessimiste", lui-même se disant "relativement optimiste" quant à l'objectif du gouvernement "extrêmement réaliste". "On a vu ces derniers mois qu'elles (les prévisions) ne se vérifient pas toujours", a poursuivi le Premier ministre tout en admettant "l'impact sur l'économie européenne" de la crise américaine, du prix du pétrole et des matières premières et enfin du taux de change euro-dollar.
Quant au PS, il estime, par la voix de son secrétaire national à l'économie, Michel Sapin, que les prévisions de l'Insee viennent "conforter l'analyse que le PS fait de la situation économique française", estimant que le "pire est à venir".
Vers un "retournement" de l'immobilier
Cette inflation record depuis 1991 "ampute" inévitablement le pouvoir d'achat des Français qui ne progressera que très faiblement tout au long de l'année, prévient l'Insee. Il ne gagnerait au total que 0,9%, contre 3,3% en 2007. Quant au pouvoir d'achat "par unité de consommation", qui prend mieux en compte les évolutions démographiques de la société, il devrait même stagner (+0%).
Il s'agit en outre d'une moyenne sur l'ensemble de la population française. Or les carburants et l'alimentation étant les dépenses qui pèsent le plus lourd dans le budget des foyers les plus pauvres, il est vraisemblable que le pouvoir d'achat de ces derniers régressera purement et simplement cette année.
Autant de facteurs négatifs qui vont peser sur la consommation des ménages, moteur de la croissance française ces dernières années, explique l'Insee. Déjà mal en point au premier trimestre de l'année, cette consommation restera "atone", et la consommation alimentaire devrait même reculer fortement (-1,1%).
Autre victime de la crise financière et d'une croissance en berne: l'investissement en logement des ménages, qui devrait reculer. Pour l'Insee, le "retournement" de l'immobilier "est désormais engagé en France", même si son ampleur reste encore incertaine.
Dans un environnement mondial moins porteur, le commerce extérieur devrait encore creuser un peu plus son déficit et peser davantage sur la croissance. Seule consolation, le taux de chômage devrait lui continuer à baisser légèrement et atteindre 7,1% en métropole fin 2008.
(D'après agence)
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