Une pompe à essenceLe problème est désormais global et concerne, non seulement tous les gros consommateurs d'énergie de la planète, mais les possibilités de croissance mondiale. Le cours du brut, qui a été multiplié par cinq depuis 2003, a franchi un nouveau record vendredi à New York, à 138,54 dollars. Les analystes s'attendent à ce qu'il atteigne les 150 dollars d'ici juillet. Face à cette envolée, samedi, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l'Inde se sont dits "très inquiets" des prix du pétrole et ont appelé à l'élimination progressive des subventions sur les carburants. Dimanche, ce sont onze pays représentant les deux-tiers de la consommation d'énergie de la planète qui se sont réunis au Japon.
La réunion qui s'est ouverte à Aomori a réuni dans un premier temps les ministres de l'Energie des pays industrialisés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Russie) avant d'être élargie dans la journée de dimanche à trois puissances économiques asiatiques (Chine, Inde, Corée du Sud). "Si nous laissons la situation comme elle est, nous pourrions arriver à une récession de l'économie mondiale", a prévenu le ministre japonais de l'Energie, Akira Amari, en ouverture des débats. Il a ajouté "qu'assurer la sécurité énergétique, dont la stabilité du marché du pétrole", devenait "une priorité majeure pour chaque pays" participant au conclave.
Une prévision "insoutenable"
Le ministre français de l'Energie, Jean-Louis Borloo, a lui souligné que les pays industrialisés devaient s'atteler à infléchir le réchauffement climatique, au-delà du problème "à court terme" de la montée du prix du pétrole. Peu après la clôture de la réunion, il a expliqué que les onze pays présents s'étaient mis d'accord pour rectifier certains "problèmes à court terme, conjoncturels", notamment "par un dialogue entre les grands pays producteurs et consommateurs, avec un échange d'informations transparentes sur les stocks et les prévisions d'utilisation". Mais selon le ministre, le "problème structurel" posé à l'économie mondiale est celui du réchauffement climatique, avec une prévision "insoutenable" d'augmentation de six degrés de la température terrestre d'ici 2050. De ce point de vue, Jean-Louis Borloo s'est réjoui que la dimension climatique ait été "omniprésente" dans les débats.
La réunion d'Aomori faisait partie d'une série de rencontres ministérielles préparant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G8, organisé par le Japon du 7 au 9 juillet à Toyako. La lutte contre le réchauffement climatique en est l'une des priorités et le ministre japonais de l'Energie a souligné que les onze pays réunis dimanche, qui consomment 65% de l'énergie mondiale, rejetaient aussi 65% des émissions de CO2. "Le changement climatique et les questions énergétiques sont les deux faces d'une même pièce", a-t-il estimé, jugeant "indispensable de résoudre ces problèmes ensemble".
D'après agence
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