
L'espoir d'une solution immédiate pour enrayer la flambée des cours du pétrole semblait mince alors que s'est ouverte la réunion de Djeddah, en Arabie Saoudite, qui rassemblait ce dimanche pays producteurs et pays consommateurs sous l'égide de l'Arabie saoudite. Le président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep, qui représente près de 40% de la production mondiale de brut), l'Algérien Chakib Khelil, a exclu de facto toute hausse de la production du cartel malgré la volonté d'assouplissement de l'Arabie saoudite et du Koweït.
"Le marché est à l'équilibre", a-t-il asséné, rappelant que l'Opep n'avait pas jugé bon de réunir ses ministres en juin malgré les prix record atteints par le baril qui a frôlé 140 dollars. La prochaine réunion ministérielle de l'Opep est prévue en septembre et "si (le marché) est à l'équilibre en septembre, pourquoi augmenteriez-vous la production ?", s'est-il interrogé.
De son côté pourtant, l'Arabie saoudite, 1er exportateur mondial de pétrole, s'est dite prête à produire, pour le restant de l'année et s'il existe la demande correspondante, plus que les 9,7 millions de barils de pétrole par jour qu'elle a déjà décidé de pomper en juillet. Le ministre saoudien du Pétrole a également annoncé que l'Arabie saoudite avait l'intention d'investir 129 milliards de dollars dans le secteur de l'énergie dans les cinq prochaines années. Très proche de Riyad et des Etats-Unis, le Koweït a, pour sa part, indiqué dimanche par la voix de son ministre du pétrole, Mohammed Al-Olaim, qu'il "(n'hésiterait) pas à augmenter (sa) production si le marché l'exigeait".
Borloo : "Il y a un danger d'explosion"
Pour sa part, le ministre français de l'Energie et de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a dénoncé à Djeddah les effets de la spéculation sur l'envolée des prix du pétrole et s'est félicité du dialogue s'instaurant entre pays producteurs et consommateurs. "Lutter contre la spéculation est une absolue nécessité. Et là, tout le monde est d'accord, il n'y a pas (d'un côté) les producteurs, (de l'autre) les consommateurs", a-t-il affirmé. "Il y a un danger d'explosion" face à la hausse des prix du pétrole, qui ont doublé en un an et frôlé il y a une semaine la barre des 140 dollars le baril, a-t-il noté.
"Il y a un accord général sur l'idée que si les marchés étaient plus transparents, il y aurait moins de spéculation. On a proposé qu'autour de l'Agence internationale de l'Energie et du Forum de l'énergie il y ait un groupe de travail pour regarder comment donner toutes les informations sur les réserves, sur les stocks et sur les besoins des consommateurs", a ajouté le ministre, lors d'un point de presse.
"Il y a besoin d'investissements communs des deux, producteurs et consommateurs, sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique", a-t-il souligné. Dans une référence aux capacités supplémentaires dégagées par les pays producteurs de brut, M. Borloo a indiqué que la France avait "demandé que les 2 millions de barils de coussin de sécurité soient portés à trois". "Pour ça, il faut que l'ensemble des producteurs acceptent", a-t-il dit, car s'"il n'y a pas de crise de l'approvisionnement pour l'instant, on ne sait jamais". Mais il est improbable que les cours pétroliers baissent à la suite de la réunion de Djeddah, a conclu dimanche soir le président de l'Opep.
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