Le CAC 40 retrouve son plus bas niveau depuis 2005

le 10 juillet 2008 à 18h36 , mis à jour le 10 juillet 2008 à 23h10

L'indice vedette a fini, jeudi, à son plus bas niveau depuis trois ans en baissant de 2,49% à 4231,56 points. En cause les effets géopolitiques du regain d'inquiétudes suscité par les ambitions militaires iraniennes.

TF1/LCI La bourse de ParisLa bourse de Paris © TF1-LCI La bourse de Paris

La Bourse de Paris a fini, jeudi, à son plus bas  niveau en clôture depuis trois ans, le CAC 40 baissant de 2,49%. L'indice vedette a perdu 108,10 points à 4.231,56 points, dans un volume d'échanges de 5,2 milliards d'euros. Il a brutalement décroché dans l'après-midi jusqu'à céder 3% vers 16h25, tombant à 4.209,64 points. Londres a abandonné 2,22%, Francfort 1,28% et l'Eurostoxx 50 1,78%. "C'est la pétoche noire, on ne comprend plus", a résumé un vendeur d'actions, le plongeon des marchés européens s'expliquant d'autant plus difficilement que la Bourse de New York baisse beaucoup moins, grâce à l'optimisme du distributeur Wal Mart.
 
Pour Yann Azuelos, conseiller de gestion chez Meeschaert, "il y a un effet  géopolitique" avec le regain d'inquiétudes sur l'Iran, après la publication dans  la presse internationale d'une photographie diffusée par Téhéran pour illustrer  le tir réussi de missiles. "On a de plus en plus le sentiment qu'Israël pourrait être le bras armé des  Etats-Unis contre l'Iran, notamment si l'on voit un inversement de tendance dans  les sondages en faveur de John McCain", le candidat conservateur à la présidence  américaine, a poursuivi Yann Azuelos. La secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice a averti l'Iran que les Etats-Unis avaient renforcé leur "présence" en vue d'assurer "la sécurité" dans  le Golfe, une mise en garde aux accents militaires qui a effrayé les opérateurs. Sceptique, un vendeur d'actions parisien a toutefois jugé que le pétrole  monterait "directement à 170 dollars" si la perspective d'un conflit était prise  au sérieux, alors qu'il est actuellement sous les 139 dollars.
 
Grande prudence
 
La place parisienne a par ailleurs subi un effet technique avec  "l'enfoncement d'un support important, à 4.228 points", qui a mécaniquement  déclenché une cascade d'ordres de vente, a souligné le gérant de Meeschaert. Enfin, et comme depuis un mois, la grande prudence des investisseurs à long  terme n'a guère amélioré la lisibilité des marchés, les fonds spéculatifs ayant tout loisir "d'appuyer à la baisse", quitte à "dégager des valeurs qui avaient  bien tenu" comme Alstom, selon Yann Azuelos.
 
BNP Paribas (-0,93% à 57,36 euros), Crédit Agricole (+0,55% à 12,82 euros) et Société Générale (-0,91% à 54,51 euros) ont résisté, le marché ayant "peut-être compris qu'on ne pouvait pas les mettre dans le même sac que les banques américaines", a expliqué le gérant de Meeschaert. En revanche, Carrefour (-8,56% à 31,50 euros) a dégringolé sous l'effet de sévères critiques sur sa stratégie en France, son premier marché, où le chiffre d'affaires a reculé de 2,4% sur un an au deuxième trimestre, à périmètre comparable.

(D'après agence)

le 10 juillet 2008 à 18:36
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