La BCE relève ses taux, envers et contre tous

Par D'après agences, le 03 juillet 2008 à 10h15 , mis à jour le 03 juillet 2008 à 19h05

La banque centrale européenne a, comme prévu, relevé ses taux directeurs d'un quart de points, malgré l'hostilité de plusieurs pays européens, dont la France.

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE)Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) © LCI.fr

Confrontée à une inflation record en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi comme attendu de relever d'un quart de point à 4,25% son principal taux directeur, malgré l'hostilité de plusieurs pays européens, dont la France. Les deux taux qui encadrent le taux de refinancement ou "refi" ont eux aussi été relevé d'un quart de point à 3,25% pour le plancher et 5,25% pour le plafond.

La dernière hausse de taux datait de juin 2007. Depuis la naissance de l'euro le 1er janvier 1999, la BCE a modifié ses taux 24 fois (seize hausses et huit baisses). Sa dernière hausse de taux datait de juin 2007, avant l'éclatement de la crise des prêts hypothécaires à risque américains ("subprime"). La tourmente financière qui en a découlé avait obligé la BCE à interrompre un cycle de relèvement de hausse des taux entamé en décembre 2005, après deux ans et demi de statu quo.

Le président de la BCE est revenu sur cette décision lors d'une conférence de presse. La politique monétaire  atteint un niveau qui "contribuera à atteindre notre objectif" de stabilité des prix, a expliqué Jean-Claude Trichet. En clair, plus besoin de toucher à rien pour le moment et le conseil des gouverneurs adopte une position neutre. Le Français porte ainsi un coup aux anticipations des marchés, qui pariaient déjà sur un deuxième tour de vis à l'automne. A Londres, l'euro a d'ailleurs perdu du terrain face au dollar.

Paris termine en hausse 

Après cette annonce, la Bourse de Paris était toujours orientée à la baisse, mais le CAC 40 est remonté dans l'après-midi pour terminer en clôture en hausse de 1,11% à 4.343,99 points. En perdant 1,03% mercredi, il était passé dans les tout derniers échanges sous le seuil de 4.300 points. Toute l'Europe baissait ce jeudi après 9 heures 30 : Londres 1,22%, Francfort 1,44% et l'Eurostoxx 50 1,66%.
 
Les raisons de cette baisse continue restent les mêmes depuis le début du mois, avec un cours du pétrole qui bat tous les records - 145 dollars jeudi matin - et une dégradation de la conjoncture européenne qui inquiète. 
 
Pompier contre l'inflation
 
La BCE avait entamé jeudi matin sa réunion de politique monétaire. Elle a ensuite relevé d'un quart de point à 4,25% son principal taux directeur, dans l'objectif de combattre les risques d'un emballement généralisé des prix. La décision du conseil des gouverneurs de la BCE sur ses taux directeurs était attendue ."Avec une inflation en zone euro à un niveau record (4% en juin, ndlr), la BCE voit sa crédibilité comme pompier contre l'inflation en danger et va agir. Elle craint que ces tensions, liées au pétrole cher et à l'envolée des prix des denrées, ne contaminent l'ensemble de l'économie et se muent en une surchauffe durable des prix. Quant à savoir si cette stratégie va être couronnée de succès, c'est une autre histoire", écrivait Carsten Brzeski, économiste chez ING, dans une note. Depuis que Jean-Claude Trichet, son président, a annoncé l'éventualité de cette hausse des taux, le 3 juin, le CAC 40 a chuté de 15%.
 
La hausse de taux a déjà fait grincer des dents côté politique, car elle intervient à un moment où l'économie montre des signes de faiblesses de plus en plus marqués. L'Espagne et la France ont indirectement mis en doute la pertinence d'un tel geste. Le ministre des Finances allemand Peer Steinbrück avait invité la BCE à "réfléchir" aux conséquences pour l'économie. Autre annonce importante, les chiffres de l'emploi américain en juin seront quant à eux publiés à 15 heures 45, après l'analyse inquiétante du cabinet ADP, qui estime que la première économie mondiale avait détruit 79.000 emplois lors de ce mois.

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La principale arme de la BCE

Le taux de refinancement minimum, rehaussé jeudi d'un quart de point à 4,25%, est le principal outil dont dispose la Banque centrale européenne (BCE) pour dompter l'inflation dans la zone euro. Cet instrument, utilisé lors des opérations hebdomadaires de refinancement par la BCE pour alimenter les banques en liquidités, est le véritable baromètre du coût du crédit dans les quinze pays qui ont adopté la monnaie unique européenne.

Les banques qui veulent se refinancer à court terme peuvent le faire en payant un intérêt sur la somme qu'elles empruntent auprès des banques centrales de leurs pays respectifs. Cet intérêt est calculé d'après le taux en cours à la BCE. Les banques répercutent ensuite en principe ce loyer sur les intérêts des crédits qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BCE est bas, plus le coût du crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance. A l'inverse, une hausse du taux du crédit permet théoriquement de ralentir la demande et par conséquent d'éviter une surchauffe génératrice d'inflation.

Par D'après agences le 03 juillet 2008 à 10:15
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5 Commentaires

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  • Mickael, le 03/07/2008 à 15h18

    Comme ça la croissance va etre encore plus basse que ce qu'elle est. Pour esaayer de lutter contre cette inflation, on préfère sacrifier le peu de croissance que l'Europe aurait pu avoir. Résultat: presque autant d'inflation et encore moins de croissance. Merci monsieur Trichet. Monsieur Sarkozy a bien raison de s'insurger pour une fois.

  • Claude, le 03/07/2008 à 14h45

    La démocratie est en danger chaque fois que sont créés des organismes indépendant des pouvoirs politiques car ils deviennent très vite également indépendants de ceux pour lesquels ils sont sensés travailler. Trop de démocratie devient de la fausse démocratie. C'est le cas de la BCE mais aussi du CSA, du CSM ou du CNIL. C'est aux politiques de décider et ces organismes ne devraient avoir qu'un rôle consultatif. C'est désormais dans l'air du temps de se prétendre un professionnel et à ce titre ne rendre de compte à personne. Regardez même comment les professeurs se croient au dessus des ministres pour savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour les élèves et la nation qui n'ont plus rien à dire sans que "Aschiéri le dynamique" ne descende dans la rue.

  • Hubert, le 03/07/2008 à 14h42

    Bien que ça fasse mal, je dis "bien joué Mr Trichet"..Les secousses actiuelles sur le marché pétrolier et sur celui des denrées alimentaires, sont d'origine purement spéculative..C'est une partie de bras de fer entre les spéculateurs de Chicago et New York et les autorités monétaires mondiales..C'est la 3ème Guerre Mondiale, ne cherchez plus..Or, la seule digue qu'ils nous reste, c'est la maîtrise de l'infllation..Tout doit être joué la dessus, sinon ce sera Waterloo !! Ce qu'il faudrait, c'est une vraie coalition européenne des moyens pour "casser" cette chaînes de spéculateurs (que l'on peut identifier, si on s'en donne les moyens et alors les frapper à la tête) Mais hélas, certains pays européens ne jouent pas la solidarité de l'?uro..(Royaume Uni Danemark, Suède.;). En outre, la City of London, est le repère des spéculateurs mondiaux, russes, d'Arabie Saoudite, chinois, indiens et tutti quanti..Pour "faire des affaires" on n'hésite pas à écraser le pied du copain. hubert

  • Cc, le 03/07/2008 à 14h22

    Trichet nous fait regretter l'époque du franc. Cet individu borné met en péril la croissance et l'emploi.

  • Phil, le 03/07/2008 à 14h05

    Doit on s'attendre à une hausse des rémunérations du livret A ?

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