Retour aux dures réalités pour l'Exécutif

Par , le 15 juillet 2008 à 09h00 , mis à jour le 15 juillet 2008 à 10h21

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a indiqué mardi que la croissance en 2008 devrait être "plus près de 1,7% que de 2%". Le ministre du Budget et des Comptes est ce mardi devant l'Assemblée nationale pour le débat d'orientation des finances publiques.

Christine LagardeChristine Lagarde, la ministre de l'Economie, à l'issue d'une rencontre avec le dirigeant de Total, le 9 juin 2008 © TF1/LCI

Après la fête du 14-Juillet, retour aux dures réalités économiques. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde a indiqué mardi sur Europe 1 que la croissance devrait être "plus près de 1,7% que de 2%". "La situation sera certainement plus difficile à gérer cette année qu'elle  ne l'a été l'année dernière", a ajouté la ministre qui prédit une reprise à partir du second semestre 2009. "Ça c'est mon sentiment", a-t-elle indiqué.

Mardi matin, débute à l'Assemblée nationale le débat d'orientation des finances publiques. Les parlementaires, qui ne voteront pas à l'issue de la séance, vont découvrir les grandes lignes du prochain budget. Croissance ralentie, flambée d'inflation à plus de 3% pour 2008, poids écrasant de la dette, l'Exécutif apparaît moins confiant qu'à l'été 2007 lorsqu'il défendait les bienfaits de son paquet fiscal.

Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes
Eric Woerth
Moins-value fiscale
 
La marge de manoeuvre pour réduire le déficit tout en relançant l'économie paraît plus limitée que jamais. Après un déficit public à 2,7% du PIB fin 2007, la France, qui préside l'UE pour six mois, s'est engagée auprès de ses partenaires européens à le ramener à 2,5% du PIB fin 2008 et à 2% en 2009. L'objectif est de friser le "déficit zéro" en 2012. La Commission européenne craint plutôt que la limite autorisée de 3% soit dépassée.

Chargé de résoudre cette difficile équation, le ministre du Budget et des Comptes, Eric Woerth, ne l'a d'ailleurs pas caché mercredi dernier devant les députés de la Commission des Finances, laissant entendre que la plupart des ministères allaient devoir se  serrer la ceinture l'an prochain. Le ministre a déjà reconnu qu'en 2008 il faudrait compter "entre 3 et 5 milliards d'euros de moins-values sur les rentrées fiscales".

"30.000, c'est beaucoup déjà"
  
Ce sera d'autant plus difficile que l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du "baby boom" pèse mécaniquement sur le montant des pensions, dont les dépenses progresseront de 2 à 2,75 milliards par an de 2009 à 2011. Parallèlement, la charge des intérêts de la dette publique (environ 50 milliards d'euros par an) qui était quasiment stable ces dernières années, augmentera de 1,5 à 2,5 milliards d'euros chaque année dans un avenir proche. La hausse des taux pèse aussi sur les comptes de l'Etat. Dette et pensions qui représentent aujourd'hui 30% de l'augmentation de la dépense vont rapidement passer à environ 70%.
 
Les ministres devraient recevoir cette semaine leur lettre de plafond pour 2009. Rares seront ceux à bénéficier d'une hausse de crédit. "Hormis l'enseignement supérieur et la recherche, je n'en vois pas beaucoup d'autres", a confié Eric Woerth. Un peu plus de 30.000 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés. "30.000, c'est beaucoup déjà, pas loin du 'un sur deux'", s'est félicité Woerth sur LCI. Enfin, le gouvernement va geler les dotations des collectivités territoriales à leur niveau de 2008.

Par David Straus le 15 juillet 2008 à 09:00
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