Sérieux coup de frein à la hausse du marché

Par Henri SECKEL (avec agence), le 01 juillet 2008 à 16h13 , mis à jour le 01 juillet 2008 à 17h15

Des prix qui se stabilisent, des ventes en baisse : le marché de l'immobilier en France connaît un coup d'arrêt inédit depuis 10 ans. La baisse des prix pourrait se poursuivre au cours des deux prochaines années.

Immeubles anciens à ParisImmeubles anciens à Paris © TF1-LCI

"Les acheteurs ont le pied sur le frein et ont tiré le frein à main." Voilà comment Me Jean-Marie Montazeaud explique le coup d'arrêt à la hausse du marché immobilier. Le président de la commission conjoncture de la chambre des Notaires de Paris l'affirme : "C'est la première fois que cela freine comme cela depuis 10 ans."
 
Stabilisation des prix dans tout l'Hexagone, baisse importante du nombre de ventes en Ile-de-France. Ainsi pourrait-on résumer l'Indice national Notaires/Insee publié mardi. Le marché immobilier français a subi un important coup de frein, puisque sur toute la France, les prix des logements anciens ont baissé de 0,8% au premier trimestre 2008, après avoir progressé de 0,4% lors du trimestre précédent.

Hausse en centre-ville, baisse en banlieue

Selon le réseau Century 21, le prix moyen d'acquisition sur toute la France s'établit aujourd'hui à 2.554 euros le m2, soit une faible progression de +0,72% par rapport au deuxième semestre 2007. De grandes disparités existent entre les régions. Et à l'intérieur de celles-ci, la situation change du tout au tout entre les centres-villes, où les prix sont souvent encore à la hausse, et les banlieues, où la baisse des prix atteint jusqu'à 10%, selon Century 21.
 
Trois critères sont avancés par Century 21 pour expliquer cette "période d'ajustement" : le resserrement des critères d'octroi des prêts par les banques, la hausse des taux de crédit (+1% en un an) et celle du prix de l'essence qui dissuade les éventuels acheteurs de s'éloigner des villes.

En Île-de-France, les prix des logements se sont stabilisés (+0,4%). Ils ont ralenti leur course à Paris (+1,1% contre +2% un an plus tôt) et en Seine-et-Marne (+0,6% contre +0,8%). Ils ont même baissé dans les Hauts-de-Seine (-0,7%), en Seine-Saint-Denis (-0,1%) et dans le Val d'Oise (-1,0%). Pour les maisons individuelles, la hausse annuelle des prix a été divisée par plus de deux en petite couronne et par plus de trois en grande couronne.
 
Le phénomène le plus spectaculaire en Ile-de-France est la baisse de 8,8% du nombre de ventes entre le premier trimestre 2008 et le premier trimestre 2007. Le nombre de transactions (ancien et neuf confondus) est passé de 44.228 transactions à 40.315.

"Les prix vont baisser de 15% sur 2 ans"

La tendance pourrait se poursuivre à plus long terme. Ainsi les dirigeants du réseau d'agences Laforêt Immobilier ont averti que les prix des transactions sur les logements anciens en France "vont baisser d'environ 15% sur 2 ans".

Pour Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, "le coup d'arrêt du marché constitue une bonne nouvelle" car "le marché de l'immobilier a connu dans plusieurs pays une croissance trop rapide et trop forte". Pour que le nombre de ventes reparte à la hausse, Me Montazeaud, de la chambre des Notaires de Paris, a une solution toute simple : 'Il faut que les vendeurs arrêtent de demander 10% de plus chaque année."

Par Henri SECKEL (avec agence) le 01 juillet 2008 à 16:13
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8 Commentaires

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  • Eliot, le 01/07/2008 à 18h28

    L'immobilier va peut-être baisser mais je ne crois plus autant qu'avant à un crach. Tout simplement parce que l'inflation va grignoter les placements financiers, la bourse plonge, les capitaux ne partiront pas du jour au lendemain du secteur immobilier. De plus, même si les prix de l'immobilier ont beaucoup monté depuis 10 ans, n'oubliez pas le crach des années 90, la hausse de ces dernières années s'explique donc en partie par un rattrapage après ce crach de 1991. Enfin, pourquoi trouve t-on normal que le prix des voitures, de la baguette, des matières premières en général aient explosés depuis quelques années et pas celui des maisons et des appartements?

  • Brice, le 01/07/2008 à 18h26

    En reponse a Marc, la difference avec les americains, c est qu eux ont empruntes a taux variable, alors qu en France ce sont des taux fixes qui predominent. Les risques sont donc limites. Une baisse de prix etait a attendre depuis 2 ans, tout le monde en parlait, ceux qui ont achete ces 2-3 dernieres annees ont , je l' espere , emprunte en ayant conscience du risque. Il est vrai cependant que ce n est pas a l Education Nationale qu on donne des cours d economie. le francais moyen, qu on inonde de mauvais conseils au 20H ferait bien de regarder du cote de la bourse : ce n est pas quand tout va bien qu il faut acheter : C est la REGLE DE BASE DU BON GESTIONNAIRE, meme si nombre d entre nous, je l accorde n en sont pas a la gestion mais a la "survie"

  • Popof, le 01/07/2008 à 18h22

    "l'aterrissage" du marché de l'immobilier risque de montrer les premieres failles du systéme "à la française ".Je pense que le marché de l'immobilier va généré plus de précarité que de plues values.Au vu de la conjoncture actuelle et de son évolution , combien de familles vont pouvoir assurer le remboursement pendant 20 à 30 ans de mensualités de 1500 à 2000 ? avec un marché sur le repli sans encore parler de déclin?

  • Popof, le 01/07/2008 à 18h21

    "l'aterrissage" du marché de l'immobilier risque de montrer les premieres failles du systéme "à la française ".Je pense que le marché de l'immobilier va généré plus de précarité que de plues values.Au vu de la conjoncture actuelle et de son évolution , combien de familles vont pouvoir assurer le remboursement pendant 20 à 30 ans de mensualités de 1500 à 2000 ? avec un marché sur le repli sans encore parler de déclin?

  • Ledain.Marc, le 01/07/2008 à 17h53

    Et qu'est-ce qui se passe pour les acheteurs qui ont acheté au prix fort, avec des emprunts sur 25 ou 30 ans et qui pour une raison ou une autre vont être obligés de vendre ? Est-ce un scénario à l'américaine ? Avec quoi pourront-ils rembourser des emprunts contactés pour honorer un prix d'achat exorbitant ? Est-ce un sénario à l'américaine qui nous attend? Bonjour les dégats !

  • Cathy, le 01/07/2008 à 17h51

    Je suis dans les Alpes Maritimes, mon ami a dû baisser de 200 000 euros le prix de vente de sa maison à Ste Maxime, et pourtant c'est dans le secteur du luxe qui ne connait pas la crise soit disant. Samedi matin l'agence immobilière a dit que l'acheteur n'était plus d'accord pour une raison de frais de notaire. Résultat encore une baisse de 40 000 euros. Sinon la vente ne se faisait pas car dixit l'AI rien ne se vend depuis mai!!!

  • Jean Bonnot, le 01/07/2008 à 17h40

    Il est trop tard pour vendre et trop tôt pour acheter. Nous devons attendre des jours meilleurs pour effectuer des transactions sans trop enrichir l'Etat en faillite et les professionnels cousus d'or.

  • Ciryl, le 01/07/2008 à 17h13

    Je suis halluciné par les 3 criteres avancés par Century 21, qui "oublie' de mentionner la légére augmentation des prix de l'immobilier depuis 10 ans .... cette corporation est définitivement RIDICULE !!!

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