Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, invité le 6 juillet du Grand Rendez-vous © Europe 1/TV5 Monde/Le ParisienParis "fera tout" pour que l'Union européenne prenne "avant la fin de l'année", soit avant la fin de la présidence tournante de la France, une décision sur une TVA réduite dans la restauration. C'est ce qua assuré dimanche soir, au grand Rendez-vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien Aujourd'hui en France, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. "La Commission européenne va mettre sur la table du conseil des ministres une proposition qui permettra aux Etats de pratiquer un taux de TVA réduit - cela ne veut pas dire forcément 5,5% - pour tous les services utilisant de la main d'oeuvre de façon intensive", dont la restauration, a-t-il expliqué M. Guéant.
"Nous avons bon espoir d'obtenir" l'unanimité des 27 avant la fin de l'année, a-t-il indiqué, précisant : "nous avons bon espoir d'avoir l'accord de l'Allemagne". La Commission européenne va proposer lundi de modifier le système des taux européens réduits de TVA, en incluant la possibilité d'appliquer un taux réduit dans la restauration, une réforme chère à la France qui la demande depuis plusieurs années, sans succès.
Audiovisuel public : Guéant n'exclut pas le maintien de Carolis
Interrogé ensuite sur les annonces du président Sarkozy à propos de France Télévisions, le secrétaire général de l'Elysée a expliqué dimanche au président de France Télévisions Patrick de Carolis qu'il n'était pas le propriétaire de son entreprise, après les vives critiques de ce dernier visant Nicolas Sarkozy. "Ce que je voudrais dire à Patrick de Carolis, c'est d'abord qu'on peut avoir, sans être stupide, des idées sur la télévision", a dit l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy. "Je voudrais dire aussi que la télévision publique n'est pas la propriété de l'équipe dirigeante de France Télévisions, ni même du personnel qui y travaille, elle est la propriété de la Nation", a-t-il ajouté. Patrick de Carolis avait estimé mercredi qu'il était "stupide, faux et profondément injuste" de déclarer comme le faisait le chef de l'Etat que la télévision publique proposait des programmes ressemblant trop à ceux du privé. Le conflit se situe dans le cadre du projet élyséen de supprimer la publicité sur le service public et de faire nommer son président directement par le pouvoir exécutif.
"Maintenant que les règles du jeu ont été clairement définies, il appartient au président de France Télévisions de préparer un projet qui soit conforme à ce que le gouvernement en attend et qui soit conforme aussi à ce que lui-même a annoncé", a ensuite dit le secrétaire général de l'Elysée. "Je ne vois pas pourquoi nous ne cheminerions pas ensemble vers cet objectif" de réforme de la télévision publique, a-t-il dit. Le président de France Télévisions a été donné comme démissionnaire après avoir ses critiques.
Sur Carcassonne : "les disciplines se sont relâchées" dans les armées
Au sujet du drame de Carcassonne, lors duquel un sergent avait tiré il y a une semaine à balles réelles sur le public à Carcassonne lors d'une démonstration du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), le secrétaire général de l'Elysée a estimé que "les disciplines se sont relâchées à propos de l'utilisation des munitions" dans les armées. 17 personnes, dont 15 civils et plusieurs enfants, avaient été blessées. L'incident a provoqué la démission du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche. "Les disciplines se sont relâchées à propos de l'utilisation des munitions, ce sont les responsables des armées qui le disent", a déclaré Claude Guéant. "Ce qui s'est passé est très grave. C'est miracle qu'il n'y ait pas eu de mort", a-t-il ajouté. Selon lui, le président Sarkozy a "tancé les responsables de cette unité pour un comportement particulier", estimant "nécessaire et naturel d'accepter la démission du chef de l'armée de terre", le général Bruno Cuche, qu'il n'a pas "sollicitée".
Même discours au même moment de la part du ministre de la Défense Hervé Morin. Invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, s'exprimait sur ce sujet. Il a déclaré que l'enquête interne des armées "démontrait" l'existence de "dysfonctionnements" dans la gestion des munitions au sein des commandos du 3e RPIMa.
Sarkozy pourrait aller en Syrie
Autre dossier abordé par le secrétaire général de l'Elysée : la réunion "constitutive" de l'Union pour la Méditerranée, projet cher à Nicolas Sarkozy, le 13 juillet à Paris. Le leader libyen Mouammar Kadhafi n'y sera pas, a annoncé Claude Guéant. "Mais il sera représenté par un de ses ministres, la Libye ayant le statut d'observateur", a-t-il dit. Le colonel Kadhafi, invité en grande pompe à Paris l'année dernière par Nicolas Sarkozy, une visite qui avait fait scandale, a rejeté publiquement le projet d'Union pour la Méditerranée, qualifié "d'affront" aux pays du sud. Claude Guéant s'est rendu en Libye le 26 juin pour rencontrer le leader libyen.
Parmi les invités le 13 juillet à Paris, figure également le président syrien Bachar el-Assad. Une autre invitation très décriée. Claude Guéant a fait dimanche soir un pas de plus sur ce terrain, alors que Nicolas Sarkozy a renoué récemment les relations avec le régime syrien : il a affirmé qu'une visite à Damas de Nicolas Sarkozy était "tout à fait envisageable" si la Syrie donnait "d'autres signes" de son retour dans le concert des nations, comme la "reconnaissance de l'indépendance" du Liban.
Dernier dossier évoqué dimanche soir : les critiques de Ségolène Royal envers Nicolas Sarkzoy à propos de la libération d'Ingrid Betancourt. Claude Guéant a estimé que Ségolène Royal "faisait de la politique comme on ne devrait plus en faire". "Il faudrait que Mme Royal assume que Nicolas Sarkozy est le président de la République, et a toute la légitimité pour exprimer l'émotion du peuple français", a-t-il dit, ajoutant qu'elle a fait ses déclarations "à ses risques et périls". L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a déclaré jeudi, alors qu'elle était en visite à Québec, que Nicolas Sarkozy n'était "absolument pour rien" dans la libération d'Ingrid Betancourt. Elle a ajouté qu'"une récupération politique serait décalée".
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