François Fillon, le 29 février 2008, à Blois © TF1-LCILes critiques pleuvent à gauche et parmi les syndicats au lendemain du point presse de François Fillon sur la conjoncture économique - conjoncture morose, mais que le Premier ministre a voulu relativiser, parlant d'un "ralentissement", non d'une récession, et écartant tout plan de relance "artificiel".
Parmi les plus sévères, le député socialiste Henri Emmanuelli a accusé sur France Info : "Les indicateurs économiques sont au rouge" et "François Fillon pratique la politique de l'autruche". Le gouvernement "est sans marge de manoeuvre, sans réserve" et "la réalité ne s'accommodera pas de cette poudre de perlimpinpin", a-t-il ironisé. "Rester l'arme au pied en expliquant que c'est en poursuivant une politique de régression sociale qu'on va mener une politique économique, c'est assez irresponsable". Selon lui, le gouvernement doit "réhabiliter l'investissement public et privé" et "se préoccuper du pouvoir d'achat des catégories populaires". Car pour l'heure, et si rien n'est fait, "les Françaises et les Français auront un automne difficile et un hiver encore plus difficile".
"Retrouver des marges de manoeuvre et faire un plan de relance"
François Hollande a choisi pour sa part de s'exprimer dans les colonnes du Parisien, assurant que face à la crise économique, il aurait fait "exactement le contraire" de ce que propose François Fillon. A la place du gouvernement, "nous aurions dit : le risque de récession est là. La conjoncture internationale est difficile. Nous devons donc retrouver des marges de manoeuvre et faire un plan de relance", a affirmé le Premier secrétaire du Parti socialiste. Ce plan, selon lui, "serait financé par une remise en cause de certaines mesures du paquet fiscal". Parmi les pistes évoquées pour sortir de l'ornière : "une réforme de l'impôt sur les sociétés", "stimuler l'innovation technologique, en utilisant l'épargne des Français pour élaborer un plan en faveur des entreprises", et "soutenir le pouvoir d'achat des ménages" en augmentant notamment l'allocation de rentrée scolaire et en mettant en place plus rapidement le "chèque transport".
Côté syndical, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a ironisé mardi sur RTL : "M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, M. Fillon fait de la rigueur sans le dire". Selon lui, "il y a nécessité d'agir. On ne peut pas dire, 'on va attendre, les réformes qu'on a faites vont donner leur effet'. Il y avait des initiatives à prendre". Pour lui, l'intervention du Premier ministre s'est résumé à "un coup de com' ", et "la rigueur ne date pas de ces jours-ci, elle est déjà en place depuis plusieurs mois". Evoquant un éventuel mouvement social, le leader syndical a estimé qu'il ne faudrait "pas grand-chose pour qu'il y ait un mouvement qui parte. On ne peut pas dire quoi, il faut un phénomène déclenchant, il peut arriver et ce jour-là, il y aura des banderoles : 'et ma grève, tu la vois ?', ça s'adressera au président de la République". Une pique à Nicolas Sarkozy qui avait affirmé, début juillet : "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit".
D'après agence
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