© DRLe tableau économique français n'est pas encore noir, selon François Fillon. Lors de son point presse après la réunion d'urgence du gouvernement, le premier ministre a voulu rassurer sur la santé de l'économie. Un chiffre de l'Insee avait semé le trouble jeudi : la France a enregistré au deuxième trimestre un recul de son PIB de 0,3% au deuxième trimestre.
François Fillon a répondu en deux temps. D'abord, en tempérant cette mauvaise nouvelle : "L'estimation de croissance émise par l'Insee n'est pas une surprise. Elle est le reflet français d'un ralentissement mondial", a expliqué le premier ministre. "Je ne considère pas qu'il soit raisonnable de parler de récession", a-t-il ajouté : "C'est sur l'ensemble de l'année qu'il faut juger".
François Fillon a ensuite valorisé d'autres indicateurs, au vert, comme le nombre de création d'entreprise en France ou le recours au crédit. "Je dis la vérité aux français depuis 15 mois. Et même parfois avec un peu d'excès...", a répondu François Fillon à l'opposition qui l'accuse de cacher la gravité de la situation aux français et faisant sans doute référence à ce qui était passé pour une gaffe il y a maintenant un an, lorsqu'il avait parlé d'un Etat "en situation de faillite".
Quelle réaction du gouvernement?
Le gouvernement avait prévenu : il n'y aurait pas d'annonces de nouvelles mesures ce lundi. François Fillon s'en est expliqué en affirmant que la France n'a "pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel". Sans employer le terme maudit de "rigueur", il a toutefois concédé que pour tenir ses objectifs budgétaires la France devrait tenir les cordons de sa bourse. "Nous ne transigerons pas sur les dépenses", a promis François Fillon.
Tout en promettant pour septembre de prochaines mesures sur la "nouvelle" prime à la cuve et une aide pour les transports négociée avec les syndicats, le premier ministre à préféré rappeler les réformes "de structure" déjà engagées par le gouvernement, des réformes qui devraient porter leurs fruits "à moyen terme". Pressé d'agir avec les autres pays de l'Union Européenne, le chef du gouvernement français a évoqué l'échéance du prochain sommet des ministres des Finances de l'UE, les 12 et 13 septembre à Nice, pour y aborder cette question. "Nous avons un espace économique commun, une monnaie commune" et cela rend une coordination "indispensable", a-t-il plaidé.
Répondant à la presse, il a par ailleurs affirmé que l'objectif de croissance pour 2008, entre 1,7% et 2%, sera ajusté lors de la présentation du budget 2009 à l'automne, et a maintenu l'objectif de déficit public de 2008, fixé à 2,5% du PIB, alors que celui de 2009 pourrait être révisé. L'économie française devrait échapper de peu à la récession mais la croissance du PIB ne dépasserait guère 1% cette année, selon une enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France.
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