Lagarde : "Totalement inexact de parler de récession"

le 14 août 2008 à 09h33 , mis à jour le 14 août 2008 à 22h39

Pour la ministre de l'Economie, les mauvais résultats de la croissance au deuxième trimestre ne permettent pas d'évoquer le spectre de la récession.

Ministre de l'Economie Christine LagardeLa ministre de l'Economie sur TF1 le 6 mai 2008 © TF1

Alors que l'Insee vient d'annoncer un repli de 0,3% de la croissance française au deuxième trimestre 2008, la ministre française de l'Economie, Christine  Lagarde, a estimé jeudi qu'il serait "totalement inexact de parler de  récession." "Toute personne qui crierait au loup à la récession aurait un trimestre  d'avance", a estimé la ministre interrogée sur France Inter, rappelant qu'une récession  correspond à une contraction du PIB durant deux trimestres consécutifs. Christine Lagarde a souligné : "qu'au-delà d'un environnement international dégradé sur le passé récent les fondamentaux de l'économie française sont sains." Selon elle, "seules les réformes permettront à l'économie française (...) de relever le défi de la croissance." Confiante, elle a également tablé sur une baisse de l'inflation dans les mois à venir.

La ministre de l'Economie, a, par ailleurs, estimé jeudi qu'il fallait s'attendre à "moins de créations  d'emplois en 2008" qu'en 2007.  "On est aujourd'hui à 7,2% de chômage. L'emploi n'est pas la première variable d'ajustement très clairement, même si on doit s'attendre à moins de créations d'emplois en 2008", a annoncé Christine Lagarde. En 2007, le nombre de créations d'emplois marchands et non marchands avait  atteint le chiffre de 352.000. Au deuxième trimestre 2008, l'emploi salarié dans les entreprises du secteur principalement marchand a diminué de 0,1% (-12.200 postes), ce qui ramène sa  hausse annuelle (par rapport au deuxième trimestre 2007) à 1,1%, selon des chiffres provisoires publiés jeudi.

"Les poches vides"

Pour François Hollande, la "piètre performance" de l'économie française est la conséquence de la politique de Nicolas Sarkozy qui se trouve aujourd'hui "le dos au mur et les poches vides". "Le président s'est trompé par suffisance, en menant des politiques qui ne marchaient pas. Par indifférence, en restant sourd aux indicateurs économiques. Par négligence, en ne prenant pas les actions qu'il aurait fallu engager tout de suite", a déclaré le premier secrétaire du PS, dans une interview au journal Le Monde.

De son côté, le Premier ministre François Fillon réunira lundi les ministres chargés de l'économie, des finances et des entreprises pour "analyser les causes de la dégradation de la conjoncture internationale." La réunion est prévue à 15h00 à Matignon. Les participants examineront les réponses à apporter à cette mauvaise passe conjoncturelle.
 

(D'après agence)

 

le 14 août 2008 à 09:33
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