L'hôtel Matignon © TF1-LCI 
Croissance : rentrée anticipée pour le gouvernement
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Le Premier ministre François Fillon réunit lundi en urgence plusieurs ministres pour se pencher sur la situation économique du pays. Cette réunion qui se tient en ce moment a été convoquée peu après l'annonce jeudi d'un recul de 0,3% du PIB au deuxième trimestre, premier cas de croissance "négative" depuis la fin 2002. En d'autres termes : une récession menace.
L'objectif n'est pas d'arrêter dans l'urgence un plan d'action mais d'"analyser les causes de cette dégradation de la conjoncture internationale" et d'"identifier les réponses qui devront y être apportées", précise Matignon. Pour y réfléchir, les ministres concernés au premier chef : Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget), Luc Chatel (Consommation), Laurent Wauquiez (Emploi), Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur) et Hervé Novelli (PME).
"On n'a jamais été aussi proche d'une récession"
Après une croissance de 0,4% au premier trimestre, l'économie française a subi un sérieux coup de frein entre avril et juin, sous l'effet du pétrole cher, de l'euro fort et d'un ralentissement général de l'activité en Europe et aux Etats-Unis. Le PIB de la zone euro dans son ensemble a également reculé au deuxième trimestre (-0,2%), Allemagne en tête. Jeudi, François Fillon a évoqué la situation économique européenne avec son homologue luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe lors d'un entretien téléphonique.
"On n'a jamais été aussi proche d'une récession", estime Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Techniquement, on définit généralement une récession par deux trimestres consécutifs de recul du PIB.
Christine Lagarde a reconnu que les derniers chiffres étaient mauvais et prévenu que le troisième trimestre ne serait "pas bon", alors que les facteurs qui ont pesé sur la croissance au deuxième trimestre continuent de ralentir l'activité. La consommation des ménages stagne, l'investissement recule et le commerce extérieur se dégrade toujours plus. Face à "cette conjoncture incertaine", le Premier ministre a réaffirmé jeudi "la détermination" du gouvernement "à mener résolument les réformes économiques et sociales seules de nature à donner à l'économie française le dynamisme nécessaire à une reprise rapide de la croissance".
Déjà des réponses
La réunion de lundi ne devrait pas déboucher sur des annonces. "Il s'agit d'analyser en commun les principales composantes du recul du PIB et au-delà de ce chiffre, d'examiner les perspectives de croissance pour l'économie française", souligne-t-on dans l'entourage de Christine Lagarde. De même source, on rappelle que "certaines réponses ont d'ores et déjà été apportées". "La loi de modernisation de l'économie devrait permettre une baisse des prix, et au programme de la rentrée, figureront le revenu de solidarité active ou la loi sur la participation", indique-t-on.
Pour le moment, ne sont attendues en septembre que l'annonce des modalités d'application de certaines mesures comme la prime à la cuve ou l'aide au transport. "Ma grande crainte est que l'on prenne des petites mesures, qui coûtent cher et dopent artificiellement un secteur, comme l'ont été les Balladurette ou les Jupette", ancêtre de la "prime à la casse", souligne Nicolas Bouzou, chez Asterès. "C'est souvent le péché des gouvernement en période de ralentissement", ajoute l'économiste.
La ministre de l'Economie a assuré jeudi lors du 20 heures de TF1 que la croissance française pour l'ensemble de 2008 devrait rester "dans le bas de la fourchette" de 1,7% à 2% prévue par le gouvernement mais la plupart des économistes tablent sur une performance plus faible.
(D'après agence)
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