11-Septembre, tsunami : pas de mots trop forts pour la crise

Par O. L. avec agences, le 25 septembre 2008 à 11h05 , mis à jour le 25 septembre 2008 à 14h37

Leaders politiques et économiques rivalisent d'expressions catastrophistes. Laurence Parisot évoque un "11 septembre de la finance", Jacques Attali "un tsunami".

Medef Laurence ParisotLaurence Parisot, présidente du Medef © LCI.fr

L'heure n'est plus à rassurer les foules. Avec le nouveau tour pris par la crise financière avec la chute de Lehmann Brothers et le plan de sauvetage massif aux Etats-Unis, leaders politiques et économiques rivalisent d'expressions  catastrophistes pour qualifier la situation.
 
"La crise financière qui est partie des Etats-Unis, c'est quelque chose d'extrêmement grave, c'est un 11-Septembre de la finance", a alerté la présidente du patronat français, Laurence Parisot, en appelant à un élan de solidarité pour éviter de graves conséquences économiques.  Invitée jeudi au micro de France Inter, la présidente du Medef a appelé les pouvoirs publics à "d'abord ne pas nuire aux entreprises car elles seules peuvent créer des richesses".  "Le risque, c'est celui de la récession et il faut tout faire pour l'éviter et je pense que nous pouvons l'éviter mais il faut être conscient du danger", a-t-elle aussi souligné.
 
Les vagues d'un tsunami
 
Invité sur i-télé, Jacques Attali a donné de son côté dans la métaphore tectonique.  "La crise actuelle ressemble plus à un tsunami, c'est une série de vagues qui avancent, dont certains peuvent espérer qu'elles passeront au large, et qui sont beaucoup plus profondes et structurantes qu'un évènement isolé comme l'a été le 11 septembre", a analysé l'ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et auteur d'un rapport sur la libération de la croissance pour Nicolas Sarkozy.
 
Parmi les chefs d'entreprises, le président d'Axa a fait part, lui aussi, de son inquiétude.   "Ce qui est en train de se passer sur un certain nombre d'institutions américaines aggrave la crise qui a commencé au mois de juin de l'année dernière avec la mécanique des subprimes et que l'aggravation de la situation financière de ces sociétés menace le système sanguin de l'économie qui est le crédit", a estimé Henri de Castries sur Europe 1. Pour le patron d'Axa, "il est tout à fait prématuré de dire aujourd'hui que le pire est derrière nous".
 
Sarkozy consulte
 
"Le pire est derrière nous", c'est précisément ce qu'affirmait la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, il y a encore quelques jours. Mercredi, à la veille de son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy consultait encore pour ajuster son intervention. Il a reçu chefs d'entreprises et économistes à l'Elysée.  Parmi eux, justement, Henri de Castries, mais aussi Nicolas Bazire, le directeur général du groupe Arnault, Nicolas Baverez, l'auteur de La France qui tombe ou  Jean-Paul Fitoussi, le président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Donneront-ils un ton plus grave au discours présidentiel ? 
 
Poursuivant ses consultations, Nicolas Sarkozy devait déjeuner jeudi avec le bureau du groupe UMP de l'Assemblée nationale, conduit par Jean-François Copé. Dans le parti aussi, les interventions se font plus alarmistes. Le président de l'Assemblée nationale s'est prononcé jeudi en faveur d'une intervention solennelle de Nicolas Sarkozy sur la crise financière, qui pourrait avoir lieu au Parlement. Invité sur Canal +, Bernard Accoyer  a rappelé que la réforme constitutionnelle adoptée en juillet permettait désormais au chef de l'Etat de s'exprimer devant les députés et les sénateurs.  "La gravité de situation financière et économique internationale est de nature à justifier une initiative assez solennelle. Ce sera son choix, il le décidera", a déclaré Bernard Accoyer.  Solennel ou pas, le discours de Nicolas Sarkozy ce jeudi à Toulon devrait  déjà être sur un tout autre ton. A trop rassurer, on risque de faire peur.

 Le Medef sans parachute

Un zeste de morale pour calmer les esprits. Le Medef va recommander dans les prochains jours la suppression des parachutes dorés afin de "remettre de la responsabilité dans l'ensemble du système", a indiqué jeudi Laurence Parisot.  "Si nous voulons remettre de la responsabilité dans l'ensemble du système, ça doit se faire partout dans le monde en même temps", a justifié la présidente de l'organisation patronale. Avant son discours jeudi sur l'économie qui piourrait revenir quer la question de parachutes dorés, Nicolas Sarkozy a évoqué mercredi avec Laurence Parisot, présidente du Medef, "la situation économique de la France" et "les projets de réforme", selon l'Elysée.  "Cette entrevue prolonge le cycle des rencontres informelles que le président de la République a régulièrement avec les dirigeants des principales organisations syndicales et patronales du pays", justifie le palais.

Par O. L. avec agences le 25 septembre 2008 à 11:05
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2 Commentaires

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  • Lectrice, le 25/09/2008 à 12h01

    Comment voulez vous que les gens aient le moral, si du matin au soir on nous matraque les oreilles à nous dire et ça dés le réveil que tout va mal! les médias accentuent le malaise et le mal-être des gens, sans parler des politiques! A quand des solutions et des propositions pour notre quotidien?

  • Renaud, le 25/09/2008 à 11h53

    Ils sont beaux avec leurs discours! je suis chef d'entreprise et néanmoins solidaires de tous ceux qui risquent leur boulot pour assumer la recherche perpetuelle de profits des spéculateurs, fond de retraite et autres organismes financiers sur le marché de la bourse. A chacun d'être responsable et travailleur, les miracles ça n'existent pas, l'argent facile non plus!

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