Christine Lagarde au Grand Jury le 27 avril 2008 © LCI"Avec un mauvais deuxième trimestre, un troisième trimestre dont je pense qu'il ne sera pas bon non plus, il est mathématiquement impossible que nous atteignions 1,7%". Invitée dimanche du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Christine Lagarde a confirmé les récentes déclarations de François Fillon : la croissance doit être revue à la baisse. "On sera sans doute autour de 1%", a-t-elle noté. "On finira 2008 avec un troisième trimestre et un quatrième trimestre assez faibles (...) mais on finira 2009 mieux qu'on la commencera", a-t-elle assuré. Sur le déficit, la ministre a affirmé toutefois "qu'on ne sera pas aux 3% en 2008, c'est l'engagement qu'on prend vis-à-vis de nos partenaires européens". Et pour 2012, objectif fixé pour l'équilibre des comptes publics, "on va faire tous nos efforts selon un certain nombre de paramètres", a-t-elle ajouté en se montrant prudente.
Tableau terne : pas de rebond à attendre... donc guère à espérer pour les Français sur le front du pouvoir d'achat. D'où des aides cosmétiques et tous azimuts. En matière de transport, d'énergie... Mercredi se tiendra une nouvelle réunion CGPME-FO-CFTC-CGC sur la future aide financière au transport destinée aux salariés pour leur trajet domicile-travail. Déjà réunis jeudi dernier, les quatre organisations espèrent pouvoir faire des "préconisations communes" sur cette aide annoncée en juin par le Premier ministre. Le gouvernement planche sur un double dispositif et Christine Lagarde a confirmé sur le plateau du Grand Jury des indiscrétions du Journal du Dimanche. Cette aide envisagée prendrait bien la double forme d'un remboursement partiel des abonnements pour les transports en commun, et d'une aide forfaitaire pour les déplacements en voiture.
Le RSA va-t-il gonfler les chiffres du chômage ?
Pour les salariés qui utilisent les transports en commun, le gouvernement, a indiqué la ministre de l'Economie, envisage d'étendre le dispositif en vigueur en Ile-de-France, qui oblige les employeurs à payer la moitié de l'abonnement transport du salarié. Le dispositif serait exonéré de charges sociales. A l'intention des salariés obligés d'utiliser leur voiture pour aller travailler, les entreprises pourraient verser une aide, exonérée de charges sociales et fiscales, "sur la base du volontariat", a-t-elle déclaré. Selon le JDD, le montant serait de 200 euros par an et par salarié. Christine Lagarde n'a toutefois pas confirmé le chiffre, car a-t-elle souligné, à l'instar de l'entourage du Premier ministre, aucun arbitrage ne pourra intervenir avant que les partenaires sociaux n'aient remis leurs propositions à François Fillon. Le délai est fixé au 15 septembre.
Quant à la "prime à la cuve" en faveur des ménages les plus modestes, elle sera bien portée de 150 à 200 euros... et portera sur les approvisionnements en fioul effectués de juillet 2008 à fin mars 2009, alors qu'elle était réservée l'année dernière aux ménages ayant été livrés en fioul entre le 10 novembre 2007 et le 31 janvier 2008. Christine Lagarde a précisé que 830.000 ménages en avaient bénéficié en 2007 et qu'il y en aurait "à peu près autant en 2008".
Autre dossier chaud pour la ministre de l'Economie : le RSA. Un dispositif que François Fillon a appelé dimanche les jeunes militants de l'UMP réunis à Royan transformer en "étendard de la transformation économique et sociale" de la France. Faisant fi des critiques, il a soutenu que le financement, dont l'augmentation de "1,1% de la fiscalité sur les revenus du capital", était "un investissement" contrairement au RMI, ce qui lui a valu des applaudissements nourris des militants. Mais outre son financement, il suscite d'autres inquiétudes : le RSA va "très clairement changer les chiffres" des inscriptions à l'ANPE, en raison de l'obligation faite à ses bénéficiaires de rechercher un emploi, a ainsi reconnu Christine Lagarde sur le plateau du Grand Jury. "Mais il faudra qu'on compare ce qui est comparable, c'est-à-dire qu'on compare les demandeurs d'emploi avant l'arrivée de ceux qui bénéficieront du RSA, avec la situation actuelle", a-t-elle insisté. "Il faudra qu'on ait une catégorisation particulière, pour faire des comparaisons pertinentes", a-t-elle ajouté, sans confirmer le chiffre de 300.000 à 400.000 inscriptions nouvelles qu'entraînerait le RSA, cité par les journalistes qui l'interrogeaient.
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