Crise financière : ce que ça change en France

Par O. L. avec agences, le 16 septembre 2008 à 12h16 , mis à jour le 16 septembre 2008 à 15h46

Crédit, emploi, immobilier, politique de rigueur... Quelles conséquences aura la crise financière incarnée par la faillite de Lehmann Brother ?

[Expiré] [Expiré] Un trader allemand devant la chute des cours le lundi 15 septembre © AFP / THOMAS LOHNES

"La pire crise financière du siècle", tranchent déjà certains des grands manitous de l'économie mondiale comme Alan Greenspan, ancien pilote de la politique monétaire américaine. L'épisode de la faillite de la banque d'affaires Lehmann Brother leur fait dresser un constat qui fait froid dans le dos.
 
Mais quel impact peut-on attendre d'une crise financière à New York sur la vie quotidienne des Français ? Faut-il s'inquiéter ? Mardi, les autorités françaises tentent de rassurer sur la santé de notre système bancaire mais reconnaissent que c'est un nuage noir de plus sur l'économie.
 
Emploi : Wall Street licencie, le gouvernement s'inquiète
 
A New York, la messe est dite. La faillite de Lehman Brothers, le rachat de Merrill Lynch  par Bank of America et les difficultés de l'assureur AIG pourraient se traduire, au pire, par 40.000 suppressions d'emplois à Wall Street. Déjà, les télés américaines diffusent en boucle des images de salariés de Lehman venus vider leur bureaux un carton sous le bras.
 
Mais en France ? Selon Christine Lagarde, la quasi-faillite du groupe financier américain ne touchera ici que les personnes directement employées par les deux établissements bancaires appartenant à Lehman Brothers, des banques d'affaires "qui n'occupent pas une quantité considérable de salariés". La Commission bancaire, autorité de contrôle des banques, a "nommé un administrateur provisoire" à la filiale française de Lehman Brothers, avait annoncé le ministère des Finances lundi.
 
Cela dit, la conjoncture était déjà mauvaise avant ce nouvel épisode de la crise bancaire. "Je pense que si la croissance poursuit son ralentissement, nous connaîtrons un impact sur les créations d'emplois et le chômage", a averti la ministre des Finances. Le taux de chômage, en diminution constante depuis trois ans, s'est stabilisé à 7,2% au deuxième trimestre en France métropolitaine.
 
Les patrons sont encore plus inquiets. Cette crise "va avoir beaucoup, beaucoup de répercussions sur l'investissement, la vitesse de développement de certains projets, et il va y avoir une forme de ralentissement général", a prédit Laurence Parisot.   "Le pire n'est pas certain, mais nous sommes obligés de l'imaginer", a aussi estimé la présidente du Medef, ajoutant que les entreprises enregistraient pour le moment "au mieux" un ralentissement de la croissance de leur carnet de commandes, et une "décroissance" dans d'autres secteurs.
 
Banques : les françaises moins exposées
 
L'exposition des banques françaises à la crise bancaire américaine est limitée, a rassuré mardi Gérard Rameix, secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers (AMF). "Les engagements des banques françaises, les prêts directs, les contreparties dans des opérations financières complexes sont non pas anecdotiques mais maîtrisables, supportables", a-t-il rassuré sur Europe 1. Il a estimé que les petits épargnants couraient "très peu de risques", observant néanmoins que les banques allaient durcir les conditions de l'octroi de crédits.

Immobilier : vers une baisse des prix et une hausse des crédits...
 
Christine Lagarde le reconnaît. Les Français auront plus de mal à se faire prêter de l'argent. "Les tensions" sur le niveau des taux d'intérêt "vont amener un  renchérissement du crédit dans les semaines qui viennent", a expliqué la ministre. "Ça, c'est un effet indirect immédiat, mais il y en aura d'autres", a-t-elle encore prévenu.
 
Confronté à ce durcissement des banques, les acteurs de l'immobilier adoptent d'ailleurs un ton plus grave que jamais. Prenant acte du ralentissement brutal de l'activité sur le marché du logement, la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim) appelle à "une action urgente" pour éviter un blocage des transactions. "La brutalité du ralentissement de l'activité observé tant sur le marché du neuf que sur celui de l'ancien a de quoi surprendre les observateurs les plus avertis", déclare la Fnaim. Elle juge qu'aujourd'hui, "seule une correction à la baisse des prix pourrait permettre de resolvabiliser la clientèle". Dans ce contexte, elle souhaite avant tout des mesures permettant de desserrer les conditions de crédits.
 
Compte publics : vers plus de rigueur ?
 
S'ils ne sont pas directement liés à la situation des banques américaines, la dégradation du climat économique pourrait peser sur les comptes publics. Le ministre du Budget, Eric Woerth, a estimé mardi qu'il était encore possible que la France parvienne à l'équilibre de ses finances publiques en 2012 à condition que la croissance soit suffisante et que les dépenses publiques soient réduites "correctement année après année".
 
Dans ce but, il a confirmé mardi que toutes les "niches fiscales" seraient plafonnées dans le prochain projet de budget, à l'exception peut-être de celle sur l'entretien des monuments historiques. Parallèlement à ce plafonnement niche par niche, Eric Woerth s'est dit favorable à un débat sur le "plafonnement global" de toutes les niches, pour éviter que certains contribuables aisés n'échappent totalement à l'impôt. Dans tous les cas, le déficit public pour 2008 devrait être supérieur à celui initialement annoncé par le gouvernement, qui tablait sur un niveau de 2,5 points de PIB.
 
Prix : la crise contient l'inflation
 
Et le pouvoir d'achat dans tout ça? L'inflation en zone euro a atteint 3,8% sur un an en août, en recul sur les 4% des deux mois précédents, selon une nouvelle estimation d'Eurostat. Ce petit reflux est notamment lié à une détente sur le prix du baril de pétrole qui s'est traduit par une baisse des carburants sur un mois. Ce répit, pronostiqué par les analystes, constitue une des rares bonnes  nouvelles du moment. Les trois poids lourds de la zone euro - l'Allemagne, la France et l'Italie enregistrent respectivement des taux d'inflation annuels de 3,3%, 3,5% et 4,2%. Les principaux secteurs présentant une inflation élevée ont été le logement et les transports (6,3% chacun) et l'alimentaire (6,2%). Ce qui alimente la grogne pour une augmentation des salaires.

Par O. L. avec agences le 16 septembre 2008 à 12:16
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12 Commentaires

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  • Sidibaba, le 16/09/2008 à 22h31

    Les banques françaises ne donnent leurs resulyays que dans un mois on verra d'ici là il faut pas se cacher le soleil avec un tamis comme on dit au bled

  • Jp77, le 16/09/2008 à 19h43

    Je ne vois pas pourquoi les proprietaies pour"resolvabiliser" la clientelle devraient baisser leur prix, ce sont les responsables de ce bourbier qui doivent payer: C.A.D. les établissements financiers et les "irresponsables" qui les dirigent....

  • QAZWSX, le 16/09/2008 à 16h45

    A chaque fois qu'il y a eu une crise, le gouvernement francais a toujours pretendu que la France etait protegee... Tchernobyl avec le nuage radioactif qui s'arrete aux frontieres... Sang contamine... etc... Ca ne m'etonnerait pas que le gouvernement ne nous dise pas tout...

  • Michel, le 16/09/2008 à 16h36

    Encore un cuisant echec du systeme ultra-liberal que les grands de ce monde veulent imposer ... notre president de la republique en tete !

  • Voilivoila, le 16/09/2008 à 16h02

    Sur que greenspan sait tout - le siecle a commencé il y a 8 ans - alors on verra en 2099 si il est toujours là - en tout acs il a comme dans toute baisse des gagnants - qui sont ils ?

  • Jeannequin, le 16/09/2008 à 15h55

    La Fed, n a pas voulu verser billions pour tout simplement aider à la reprise de Lehman. Résultats : 1 la Fed est quand même obligée d injecter des dizaines de $ billions pour réduire l impact de la catastrophe 2 la BCE est obligée d injecter E 30 billions 3 la BOE est obligée d injecter plusieurs £ 7billions 4 la banque du Japon est obligée d injecter billions 5 les man?uvres de la Fed le week-end dernier n ont été qu une mascarade qui n a trompé personne 6 d autres établissements financiers 10 fois plus gigantesques que Lehman sont à la veille de faire faillite, dont AIG, pour lequel la faillite pourrait intervenir à la fin de cette semaine ou la semaine prochaine. WMU est dans la même situation. 7 les USA ne vont pas être en récession mais, en dépression de type 1929 Tout cela, parce que l'administration Bush obéit aveuglément, comme l'administration Hoover l'avait fait en 1929, au dogme stupide "has been" de l'hyper libéralisme qui n'a jamais fait que des ravages à chaque fois qu'il a été appliqué. Décidément, l'administration Bush n'aura accumulé que des échecs dans tous les domaines et est un désastre mondial. Messieurs Bush, Bern Anke, Greespan, Paulson, vous êtes entrain de vous ridiculiser et de décrédibiliser mondialement les USA. Qui fait la politique du pire, qui sème le vent, récolte .... la tempête.

  • Jean Bonnot, le 16/09/2008 à 15h55

    La crise de Tcherman Bronobyl ne pourra pas franchir la frontière française. On le sait depuis un fameux accident nucléaire d'avril 1986.

  • POHU, le 16/09/2008 à 14h41

    La bvaisse des prix sera de environ 25 à 35 % sur 2 ans

  • Trouduc, le 16/09/2008 à 14h14

    Incroyable, juste incroyable..... et dire que ces eux qui commande. Rappel toi il y a 3 mois"il n'y auras pas de chute del'immo un calme tout au plus" " nos banques ne risquent rien" etc........ et nous dans tout ca....

  • Vanessa, le 16/09/2008 à 13h52

    L'immobilier : quand on voit des personnes qui demandent 150 000 ? pour un studio de 18m² dans de l'ancien, fallait bien se douter que ça finirait (heureusement) un jour! Moralité : Ce sont qui ont épargné comme des fourmis qui vont pouvoir acheter des logements enfin à un prix raisonnable...

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