Des dollars américains. © TF1/LCIComment sauver la banque d'affaires américaine Lehman Brothers ? Le repreneur le plus crédible, Barclays, a quitté la table des négociations à quelques heures de la limite fixée par les pouvoirs publics. Motif : selon le New York Times et le Wall Street Journal, la banque britannique a jugé qu'une reprise était impossible sans une aide de l'Etat comparable à celle qui avait été accordée en mars à JPMorgan Chase lors de son rachat d'une autre banque d'affaires en difficulté, Bear Stearns.
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Publié le 06/06/2010
Le Wall Street Journal, citant des personnes proches des discussions, estime toutefois que le départ de Barclays pourrait n'être que tactique et que la banque britannique pourrait revenir à la table des négociations. Elle semble en bonne position pour négocier avec les autorités américaines, alors que l'hypothèse d'une faillite de Lehman Brothers pourrait entraîner d'autres banques dans son sillage. Pourtant, après avoir dû payer le prix fort pour aider Bear Stearns et les organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke sont déterminés à ne pas investir un centime pour sauver Lehman, estimant qu'il revient aux grandes banques de la place de le faire.
Alan Greenspan joue les oiseaux de mauvais augure
D'ores et déjà, interrogé sur la chaîne ABC, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan a prédit que la gravité exceptionnelle de la crise financière actuelle allait entraîner la chute de plusieurs institutions financières majeure. Et, "bien entendu, nous ne devrions pas chercher à protéger toutes les grandes institutions financières", a-t-il relevé.
Faute d'un acheteur de dernière minute, Lehman devra probablement être mis en liquidation judiciaire dans les heures qui viennent, ce qui représenterait l'une des plus grosses faillites de l'histoire récente des Etats-Unis. En dépit de sa cure d'amaigrissement récente, Lehman détenait encore pour 639 milliards de dollars d'actifs à la fin mai. La plus grosse faillite d'une banque américaine à ce jour, celle de Continental Illinois en 1984, mettait en jeu une somme seize fois plus modeste (40 milliards de dollars).
Une liquidation brutale des actifs de Lehman Brothers aurait des conséquences incalculables sur le reste de la finance mondiale, où les activités des banques sont étroitement imbriquées. Une des options envisagées serait un engagement des grandes banques new-yorkaises de maintenir un courant d'affaires régulier avec Lehman pour lui donner assez de temps pour liquider, sous supervision judiciaire, ses actifs de manière ordonnée, ajoute le New York Times.
D'après agence
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